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Mali

Elections municipales au Mali: l’opposition crie à la fraude

Un homme vote lors des élections communales à Bamako au Mali, le 20 novembre 2016.
© REUTERS/Adama Diarra

Au Mali, les résultats des élections communales tombent petit à petit. Le parti présidentiel Rassemblement pour le Mali (RPM), qui a perdu certains bastions comme Koulikoro, a réussi une percée dans plusieurs communes de Bamako et a remporté les deux grandes villes du Nord : Gao et Tombouctou. De leurs côtés, les partis d'opposition dénoncent une « fraude massive ».

Tombouctou est une belle prise pour le parti présidentiel. Allié au parti de l’Union malienne du rassemblement démocratique africain (UM-RDA), le RPM obtient plus de 6 300 voix et rafle la mairie avec 15 postes de conseillers.

Jusqu'ici, l'Alliance pour la démocratie au Mali (Adéma) dirigeait la ville. Mais sa liste commune avec l'URD, l'un des principaux partis maliens d'opposition, n'obtient qu'un peu plus de 5 100 suffrages, soit 12 sièges. Des chiffres fournis par la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

URD et Adéma crient à la fraude

Problème : l'URD et l'Adéma crient à la fraude. « Nous avons décelé des centaines de milliers de bulletins identifiés qu’on a retrouvés dans tous les bureaux de vote. Nous avons ces bulletins. Il y avait des anomalies, il y avait des individus qui se sont proclamés présidents de bureau de vote. Nous avons constaté qu’il y a eu une fraude massive », scande le secrétaire général de l'URD à Tombouctou.

« Je ne pense pas que ces accusations soient fondées. C’est une tentative de décrédibiliser le scrutin. Si l’opposition pense qu’il y a eu des fraudes, on peut s’adresser à la justice malienne », réfute maître Baber Gano, secrétaire général du parti présidentiel RPM.

Des recours déposés au Tribunal de première instance

L’URD et l’Adema ont déposé des recours auprès du Tribunal de première instance de Tombouctou. La contestation concerne la commune 2 de Bamako où les résultats des élections communales qui proviennent de la commission de centralisation ne correspondent pas aux chiffres des procès-verbaux dont dispose la Céni.

Sur la commune 1 et 2 de Bamako, le parti URD, dirigé par Soumaïla Cissé, avait demandé à ce que les chiffres soient comparés. Dans les deux communes, la commission de centralisation crédite le parti de la majorité présidentielle, le RPM, de beaucoup plus de voix que ne le fait la Céni.

« Enormément d’irrégularités »

De quoi alimenter les soupçons de fraude. « Sur la commune 2, nous avons découvert énormément d’irrégularités. Vous savez le gouverneur donne les résultats provisoires. Sur ces résultats provisoires, le RPM a 9 127 voix, tandis qu’avec le recomptage de la Céni que l’URD a demandé, le RPM a 7 845 voix, soit 1 282 voix supplémentaires », détaille Soumaïla Cissé, chef de file de l'opposition.

Et de poursuivre : « L’Adema et l’URD ont quasiment le même nombre de voix que ce soit par la centralisation du district que par le recomptage de la Céni. Je crois que c’est la preuve pour nous qu’il y a fraude. »
 

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