Italie: début du procès de l’Erythréen accusé d'être un trafiquant de migrants

Le jeune Erythréen (c), qui ne serait qu’un migrant, est escorté par des policiers italiens le 8 juin 2016 à son arrivée à Palerme après son extradition du Soudan où il a été arrêté.
© Italian Police Department/Handout via REUTERS

En Italie, après de multiples reports, le procès d'un Erythréen accusé d'être un célèbre trafiquant d'êtres humains s'ouvre ce lundi 28 novembre à Palerme. Il avait été arrêté fin mai au Soudan et aussitôt extradé vers l'Italie, où il faisait l'objet d'une enquête du parquet antimafia et des services de renseignement britanniques. Plusieurs gouvernements européens l'avaient alors présenté comme celui qu'on appelle « Le général », un dénommé Medhanie Merid. Mais preuves à l'appui, le jeune homme arrêté clame son innocence et entend prouver qu'il est la victime d'une tragique erreur judiciaire.

Aujourd'hui à Palerme, c'est un fantôme qui sera appelé à la barre du tribunal. Le fantôme de Medhanie Merid, soupçonné d'être un trafiquant notoire, responsable de milliers de morts en Méditerranée. Car le jeune homme bien réel qui sera présenté en son nom à la justice italienne, lui, clame son innocence.

Selon les documents présentés par son avocat, lui s'appelle Medhanie Tesfamariam. Il a six ans de moins. C'est un jeune Erythréen qui a fui son pays comme des milliers d'autres, ainsi qu'en témoignent des documents d'identité et une quarantaine de témoins. Il s'est trouvé au Soudan, en mai dernier, confondu sans que l'on sache vraiment pourquoi avec le gangster visé par l'enquête des procureurs de Palerme. « Il est incarcéré et poursuivi sous le nom d'un autre pour des crimes qu'il n'a pas pu commettre », résume son avocat, Michele Calentropo.

Pour les deux procureurs qui l'accusent, pourtant, il n'y a pas de doutes, du moins jusqu'à preuve du contraire : Medhanie est bien leur homme et c'est un criminel cupide et violent.

Dans sa prison, le jeune homme est très déprimé, selon ses proches. Il a reçu de rares visites d'un parent qui vit en Sicile et a eu droit à quelques appels téléphoniques avec sa sœur qui vit en Norvège, ou du moins avec la sœur de Medhanie Tesfamariam.

On ignore encore combien de temps va durer ce procès. Selon son avocat, si une seule audience est programmée par semaine, il pourrait durer plusieurs mois.

→ A (re) lire : Migrant extradé en Italie: un témoignage accrédite la thèse de l’erreur judiciaire

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