Francophonie: Hollande reconnaît les crimes commis par la France en 1947

La place du 29-Mars-1947 à Moramanga, la ville où a débuté l'insurrection.
© Jeanne Richard / RFI

Madagascar a accueilli, cette année, le sommet de la Francophonie ; la participation de François Hollande marque aussi la première visite du président français dans la Grande Île. Outre son discours à la tribune, samedi 26 novembre, le chef de l'Etat français a aussi reconnu les crimes commis par la France coloniale en 1947. Il s’agit bien là d'une reconnaissance de ces crimes mais pas des excuses officielles de la France.

Moment de recueillement au lac d’Anosy au cœur d’Antananarivo où se trouve le monument aux morts des tirailleurs malgaches. C’est la première fois qu’un président français vient s’y recueillir. Dépôt de gerbes, les hymnes - la Marseillaise puis l’hymne de Madagascar - sont joués.

François Hollande a rappelé l'histoire des combattants malgaches, morts pour la France, lors de la Première Guerre mondiale puis la Seconde, mais ce n’est pas tout. En 1947, le Mouvement pour l’indépendance de Madagascar fut brutalement réprimé par la France : « C’est bien parce qu’il y avait eu cet engagement des Malgaches pour la France mais aussi pour la liberté, que beaucoup, après la Seconde Guerre mondiale, ont commencé à songer à l’indépendance, à cette aspiration qui montait du peuple. Ce mouvement a soulevé l’île tout entière en 1947 et elle fut brutalement réprimée par la France », a donc déclaré François Hollande avant de rendre hommage aux victimes du massacre de 1947.

« Je rends hommage à toutes les victimes de ces événements, aux milliers de morts et à tous les militants de l’indépendance qui ont alors été arrêtés et condamnés pour leurs idées », a-t-il poursuivi.

Reconnaissance oui, repentance non

Le président français reconnaît les crimes de la France coloniale à Madagascar mais il ne reconnaît que des milliers de morts là où beaucoup d’historiens parlent de plusieurs dizaines de milliers de morts. Par ailleurs, François Hollande ne demande pas pardon au nom de la France.

Depuis son arrivée au pouvoir, il y a près de cinq ans, le chef de l’Etat français a évoqué dans ses discours plusieurs crimes coloniaux : au Sénégal, le massacre de Thiaroye en 1944 ; au Cameroun, la « répression dans la Sanaga maritime, en pays bamiléké ». Aujourd’hui, ce sont les tueries à Madagascar en 1947, sans parler aussi de la chasse à l’homme contre les indépendantistes algériens le 17 octobre 1961 à Paris.

François Hollande a reconnu l'existence de ces crimes coloniaux mais jamais le chef de l’Etat français n’est allé jusqu’à présenter aux victimes de ces crimes des excuses au nom de son pays. Reconnaissance oui, repentance non.

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