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Ouganda

Ouganda: regain de violence et arrestation du roi du Rwenzururu

Un véhicule de l'armée ougandaise stationne au pied de la montagne Rwenzori, non loin de la localité de Kichwamba (sud-ouest de l'Ouganda), à quelques encablures de la RDC, en décembre 2015.
© Gaël Grilhot/RFI

En Ouganda, le roi du Rwenzururu, Charles Mumbere, a été arrêté, ce dimanche 27 novembre, et va être transféré dans la capitale, Kampala. Le porte-parole de la police affirme qu’il va être inculpé pour « incitation à la violence ». Cette arrestation fait suite à une nouvelle vague de violence qui a éclaté, cette semaine, en Ouganda, dans la région du Rwenzori qui borde la frontière congolaise. Lors de ces affrontements contre les forces de sécurité ougandaises, le point culminant de ces attaques a sans doute été la journée de samedi où 55 personnes ont été tuées. Les tensions dans la région ont ressurgi avec les élections générales qui se sont tenues en février.

Le bilan est lourd. Quatorze policiers ont été tués et 41 assaillants mis « hors d’état de nuire », a détaillé la police, ce dimanche matin, lors d’une conférence de presse. Quatre autres officiers et deux soldats ont été blessés. Alors que la police et l’armée patrouillaient aux abords du palais du Royaume du Rwenzururu, au matin du samedi 26 novembre, « la garde royale a attaqué la patrouille », affirme le porte-parole de la police Felix Kaweesi. Un important échange de tirs s’en est suivi.

D’autres attaques ont eu lieu de manière sporadique dans la région et un véhicule de la police a été brûlé. Selon les forces de l’ordre, ces attaques ont été « minutieusement préparées » et les assaillants seraient bien équipés notamment de « pistolets » et de « grenades ».

Si aucun lien direct n’est confirmé avec les rébellions de l’Est de la RDC - on pense surtout à la rébellion ougandaise ADF – la police soupçonne néanmoins de possibles contacts notamment pour l’échange d’armes.

La raison de ces nouvelles violences semble être politique et liée à la volonté de créer un territoire indépendant au sein de l’Ouganda, la République d’Yiira.


Derrière ces dernières violences, la suspicion d'une volonté indépendantiste pour la création d'un nouvel Etat

Au dernier rapport, la police comptait 14 morts dans ses rangs après l'attaque de samedi. Pour le porte-parole de la police ougandaise, Felix Kaweesi, c'est une force qu'il ne faut pas négliger. « On ne peut pas dire le nombre des assaillants, mais apparemment ils semblent être bien entraînés, organisés et coordonnés. Parce que lorsque le premier incident a eu lieu, cela est devenu viral et sporadique, ce qui signifie qu'ils sont déployés partout. En plus, il y a de nouveaux recrutements parce que nous savons qu'ils tentent de recruter et d'entraîner de nouveaux gardes royaux. »

L'armée a de son côté annoncé l'arrestation de 139 personnes. Dimanche soir 27 novembre, le calme était précaire, des patrouilles quadrillaient la ville de Kasese. Cette région fait régulièrement l'objet de tensions surtout depuis les élections de février. Pour le correspondant local d’Uganda Radio Network, Emmanuel Kajubu, il ne fait aucun doute qu'il s'agit de volontés indépendantistes : « Il y a eu ces discussions sur le fait que le roi ici veut former un pays appelé Yiira. Et il dispose de ces gardes royaux, il les entraîne. Ces personnes ont des camps dans le district de Kabarole qui est voisin du district de Kasese. Donc le gouvernement suspecte qu'il veuille étendre son pouvoir à d'autres régions du pays principalement dans l'ouest de l'Ouganda. »

Récemment un projet de loi proposait de diviser le district de Kasese afin - on peut l'imaginer - d'affaiblir les forces présentes.

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