Somalie: des élections dénoncées par les Etats-Unis

Devant le Palais présidentiel (villa Somalia) à Mogadiscio, Somalie, le 9 juillet 2014 (photo d'illustration).
© REUTERS/Feisal Omar

En Somalie, le processus électoral est de plus en plus décrédibilisé. Depuis un mois, les gouvernements de six régions somaliennes, ainsi que 14 000 électeurs délégués, choisissent étape par étape leurs représentants qui devront à leur tour élire le président dans les prochaines semaines. Mais jeudi, les différentes instances électorales somaliennes ont annoncé l’ouverture d’une enquête, suite à de multiples allégations de fraudes et d’achats de sièges. Parmi elles, celles de l’ambassadeur des Etats-Unis en Somalie, Stephen Schwartz, qui, dans une lettre confidentielle qui a fuité sur les réseaux sociaux, dénonce des fraudes massives dans la région du Galmudug.

Intimidations, fraudes, corruption, et même arrestation de certains candidats. Dans sa lettre datée du 18 novembre, l'ambassadeur américain dresse un constat accablant du scrutin, et appelle le président du Galmudug à prendre ses responsabilités pour en sauver la crédibilité.

Selon Stephen Schwartz, le Galmudug est même la région qui présente le plus d'irrégularités graves. Il apporte plusieurs exemples : une liste électorale modifiée, où l'on a remplacé les noms des électeurs par des proches d'un candidat, ou encore le déploiement de membres des services de renseignement dans les bureaux de vote. Conclusion : un processus électoral qui devait contribuer à la réconciliation de la région semble avoir le résultat contraire.

C'est un ton bien plus dur que celui du reste de la communauté internationale qui dans un communiqué publié dimanche dénonce elle aussi des fraudes soupçonnées, mais maintient que ce scrutin représente un progrès pour le pays. En 2012, le vote s'était seulement tenu à Mogadiscio, la capitale. Et celui de cette année est considéré comme une première étape avant le passage au suffrage universel en 2020.