Afrique du Sud: Jacob Zuma s’en sort encore une fois

Jacob Zuma aurait catégoriquement refusé de démissionner, évoquant un complot soutenu par l'étranger.
© REUTERS/Mike Hutchings

En Afrique du Sud, on l'appelle le président Téflon. Le président Jacob Zuma a survécu à une nouvelle fronde, mais cette fois-ci émanant de son propre camp. Lors d'une réunion de la direction de l'ANC le week-end dernier, plusieurs membres de son parti ont ouvertement appelé à sa démission. Mais le chef de l'Etat - pourtant embourbé dans plusieurs scandales - a réussi à mobiliser ses alliés.

Jacob Zuma - qui s'est envolé mardi pour assister aux obsèques de Fidel Castro à Cuba - échappe à nouveau à la destitution. Son parti l'ANC a rejeté une motion de défiance déposée par plusieurs ministres le week-end dernier. Lors d'une conférence de presse mardi après-midi 29 novembre, le secrétaire général de l'ANC Gwede Mantashe a indiqué que malgré des discussions très tendues, le parti lui avait renouvelé sa confiance : « Il n'y a pas eu de vote de défiance lors de cette réunion. Et le fait que nous n'ayons pas forcé le président de l'ANC à démissionner veut dire que nous réaffirmons notre soutien envers lui en tant que président du parti et du pays. »

Et pourtant au moins trois ministres auraient demandé sa démission. Une demande appuyée par une trentaine de membres sur les 80 que compte la direction de l'ANC, d'après une source interne. Le chef de l'Etat aurait catégoriquement refusé de démissionner, évoquant un complot soutenu par l'étranger.

Il reste donc en poste mais il en sort très affaibli selon Prince Mashele, analyste politique. « Il a totalement perdu le contrôle de son cabinet, explique-t-il. Je ne pense pas qu'il y ait d'autre exemple dans le monde où un ministre lance une motion de défiance contre son propre président. Il va être un président très faible, il ne peut pas remanier son gouvernement et ne peut pas diriger le pays. »

Le chef de l'Etat n'est toutefois pas sorti d'affaire. Il pourrait comparaître ce samedi 3 décembre devant le comité d'intégrité de l'ANC, à la demande d'une centaine de vétérans de la lutte anti-apartheid.