Burundi: enquête en cours après la tentative d’assassinat contre Willy Nyamtwe

Des officiers de la police patrouillent dans le quartier de Ngagara, à Bujumbura, le 27 avril 2015.
© AFP PHOTO / SIMON MAINA

Au Burundi, le responsable de la Communication du président donne de ses nouvelles sur son compte Twitter. Willy Nyamitwe indique qu'il va bien après l'attaque qui l'a visé lundi soir à Bujumbura. Il se dit attristé par la mort d'un de ses gardes du corps. Le conseiller est l'une des personnalités les plus influentes du régime.

L’attaque s'est passée aux alentours de 21h30, heure locale. Willy Nyamitwe sortait d'une réunion à la présidence et rentrait chez lui dans le quartier de Kajaga, à quelque 10 kilomètres à l'ouest de Bujumbura. Apparemment, les assaillants avaient bien préparé leur coup. Willy Nyamitwe a été accueilli par des tirs nourris et l'explosion d'une grenade, au moment où il sortait de la route principale et prenait une petite rue qui mène chez lui. Il a donc été légèrement blessé au bras, un de ses gardes du corps a été tué sur-le-champ et son chauffeur blessé également.

Ses assaillants s'étaient cachés dans un bâtiment encore en construction, pas loin de sa maison. Des soldats qui étaient de faction dans les environs sont intervenus et les ont fait fuir, ce qui a sans doute sauvé la vie de Willy Nyamitwe.

Le porte-parole de la police, Pierre Nkurikiye, vient d'annoncer au cours d'une conférence de presse qu'une enquête est déjà en cours. Pour l'heure, les forces de l'ordre ont déjà arrêté un sous-officier de l'armée en lien dit-il avec les commanditaires de cette tentative d'assassinat qui seraient basés au Rwanda voisin. Le Rwanda qui est la véritable bête noire du pouvoir burundais qui l'accuse d'être à l'origine de tous ses maux. Le porte-parole a également précisé que le groupe d'assaillants était composé de cinq à dix personnes, qui ont pu s'échapper pour le moment, mais ces personnes sont activement recherchées.

Peu d'éléments donc pour le moment, mais en l'absence de toute revendication, pouvoir et opposition s'accusent mutuellement d'être responsables de cette tentative d'assassinat, une tentative qui survient après des mois d'accalmie et qui vient rappeler que le Burundi est toujours en crise. Une crise née de la décision du président Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat et qui dure depuis plus d'un an et demi.


Willy Nyamitwe, un homme devenu aujourd'hui l'un des plus influents du pays

A 44 ans, Willy Nyamitwe est devenu au fil du temps un homme incontournable, « l'interface » d'un pouvoir burundais qui s'est replié sur lui-même avec le reste du monde.

« C'est un des hommes clés du pouvoir du président Pierre Nkurunziza », estime un diplomate en poste à Bujumbura, qui décrit un homme présent sur tous les fronts de la communication. Réseaux sociaux, interventions sur les radios locales ou internationales, conférences publiques ou encore missions secrètes à l'étranger, Willy Nyamitwe est sur tous les fronts, défendant bec et ongle un gouvernement burundais accusé des pires violations des droits de l'homme.

Aujourd'hui considéré comme un « homme providentiel » par le camp présidentiel, ce père de quatre enfants est détesté par l'opposition qui parle d'un « esprit retors », un des piliers qui a permis à Pierre Nkurunziza et à son parti, le Cndd-FDD, de perdurer au pouvoir, malgré la crise.

Les cas d'exécutions extrajudiciaires, de torture et de disparitions forcées attribuées au pouvoir ? Willy Nyamitwe a toujours balayé tout cela du revers de la main, et il n'hésite pas à contre-attaquer en s'en prenant aux organisations de défense des droits de l'homme les plus respectées, ainsi qu'à tout pays qui ose critiquer le gouvernement burundais.

Mardi 29 novembre, le porte-parole de la police, Pierre Nkurikiye, a assuré que la tentative d'assassinat de lundi soir était la troisième qui le visait depuis quelques mois, une opération qui aurait été commanditée par des opposants burundais et le Rwanda, sans en apporter la preuve jusqu'ici.

Et sur les réseaux, pouvoir et opposition s'accusent mutuellement d'en être les responsables, même si certains opposants ne pouvaient pas s'empêcher de cacher leur joie.

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