Congo-B: la pratique de la torture dénoncée par deux associations

Vue de Brazzaville, capitale du Congo (photo prétexte).
© Wikimedia/Jomako

L'Observatoire congolais des droits de l'homme (OCDH) et l'Association pour les droits de l'homme et l'univers carcéral (ADHUC) ont dénoncé ces derniers jours, dans deux rapports distincts, l'enlèvement et la torture «à mort» d'un jeune sous-officier de police, Jugal Mayangui, 37 ans, sergent travaillant pour l'intendance. Selon l'OCHD, Jugal Mayangui a d'abord été arrêté le 12 novembre à son domicile en pleine nuit, puis conduit vers une destination inconnue et torturé avant de réapparaître 8 jours plus tard dans un état critique. L'Observatoire accuse les autorités congolaises de recourir à la torture de façon «systématique».

Selon la famille de Jugal Mayangui, celui-ci serait soupçonné de complicité avec le pasteur Ntumi. Sa soeur dit avoir également été interrogée par les services de renseignement à ce propos. Pour Trésor Nzila de l’OCDH, ce sont des pratiques « indignes ». Il a rendu visite Jugal Mayangui, actuellement soigné dans un hôpital militaire et témoigne au micro de RFI. « Son corps a été complètement raboté. Il porte les stigmates d’une violence indigne. Il est dans un état critique. Ce qu’il a subi comme tortures témoigne le degré suprême d’inhumanité. C’est épouvantable, s'indigne Trésor Nzila. J’ai été vraiment outré de voir comment l’être humain n’a plus de valeurs, que la force publique qui est censée protéger des citoyens se permet d’infliger des souffrances aussi atroces à un être humain qui jouit encore de la présomption d’innocence. C’est vraiment horrible ».

Trésor Chardon Nzila, directeur exécutif de l’OCDH, Observatoire Congolais des Droits de l’Homme, un des cinq lauréats du Prix des Droits de l’Homme de la République Française 2015. © © Véronique Gaymard/RFI

« Le cas de Jugal Mayangui est un témoignage supplémentaire de l’usage systématique de la torture. Pratiquement tous les jours nous enregistrons des cas de torture. Ce qui nous étonne, nous, c’est vraiment le silence de la part des autorités », conclut Trésor Nzila.

Le porte-parole de la police dément

Du côté des autorités, le porte-parole de la police, le colonel Jules Monkala Tchoumou, dément lui toutes ces accusations. « Je réfute catégoriquement une telle assertion », assure le colonel Monkala Tchoumou, qui avance les « visites des ONG des droits de l’Homme dans les commissariats » ou encore l' « effort de formation de nos officiers de police judiciaire ». « Nous bénéficions de temps à autre des visites du procureur de la République, qui est le directeur de la police judiciaire, et sous l’autorité de qui tous ces actes sont [exécutés] par les OPJ, je dis qu’il n’y a pas de torture systématisée dans les commissariats de police ».

« J'apporte un démenti formel sur les prétendues tortures systématiques à grande échelle dans les commissariats de police. Je mets au défi quiconque peut aller dans un commissariat et nous apporter la preuve contraire ».

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