Gambie: affluence dans les bureaux de vote pour la présidentielle

Des policiers et militaires font le queue pour voter lors de la présidentielle en Gambie, le 1er décembre 2016.
© REUTERS/Thierry Gouegnon

Jour d’élection présidentielle en Gambie où 880 000 électeurs sont appelés à voter. Deux des trois candidats sortent du lot, dont Yahya Jammeh, président depuis 22 ans et qui brigue un cinquième mandat. Mais pour la première fois, il a en face de lui un candidat sérieux, Adama Barrow, choisi par l’ensemble des partis d’opposition pour affronter le chef de l’Etat.

Les Gambiens aiment voter tôt. Adama Barrow s’est lui présenté dans son bureau de vote, une école primaire dans la commune d’Old Yundum à 11h. En boubou blanc, accompagné par son épouse, le candidat de l’opposition s’est exprimé après avoir voté : « Je suis très confiant, l’espoir est très grand et je sais que je suis en train de gagner. Nous ne pouvons pas perdre. Jusque-là, tout se passe bien, nous espérons que ça continue comme ça. Je demande aux Gambiens de venir voter dans le calme et d’attendre les résultats ».

Autre cadre, autre ambiance. Yaya Yammeh a voté, lui aussi en compagnie de son épouse, au Stade du 22-Juillet, date de sa prise de pouvoir en 1994. Un lieu collé à la présidence. Arrivé en 4X4, son Coran qu’il ne quitte plus à la main, le chef de l’Etat était tout sourire. Mais à la sortie, il a évité les questions de la presse. « Par la grâce de Dieu, je ferais le meilleur score de toute ma vie », a-t-il simplement indiqué.

Scrutin à huis clos

C’est dans une capitale très calme, voire endormie, où tout est fermé, que s’est ouvert ce scrutin. L’affluence était en revanche très importante dans les bureaux. Pour Ismaël, 53 ans, chômeur, voter c’est un devoir citoyen : « Je suis venu après la prière du matin, car j’ai une voix, j’espère le meilleur pour mon pays. Venez tous voter massivement ».

Durant quinze jours, la campagne électorale a été très ouverte, le débat, parfois virulent. A la sortie des bureaux, c’est la même chose, il y a les supporters de Yahya Jammeh. Abdoulaye est de ceux-là : « Avec le président, on a l’école, les centres de santé, l’agriculture, etc. Maintenant, on veut des industries et encore plus ».

Sidi, 45 ans, explique qu’il survit. Lui veut du changement, il supporte Adama Barrow le candidat de l’opposition : « Ce que l’on veut que le président fasse pour le pays, c’est le développement, l’éducation, la santé. On veut du changement ».

Ce scrutin se joue à huis clos. Depuis mercredi soir, le réseau internet est coupé. Les lignes téléphoniques vers l’étranger également. La tension est donc montée d’un cran. Lamine appelle tous les Gambiens à garder leur calme : « Je veux que l’atmosphère reste calme. Que tous les électeurs soient calmes et attendent les résultats ».

Le scrutin s'est terminé à 17h, heure locale, et pour la première fois, le décompte des voix sera fait dans les 1 400 bureaux de vote. Les premières tendances sont attendues dans la nuit de jeudi à vendredi.


■ Amnesty International inquiète après la coupure des communications

Toutes les connexions internet et les liaisons téléphoniques vers l’étranger sont coupées en Gambie donc depuis ce mercredi soir. C’est la première fois que cela arrive dans le pays et aucune explication n’a été fournie par les autorités.

Une coupure que déplore Steve Cockbrun, responsable Afrique pour Amnesty International : « Je pense que c’est une mesure très négative, très répressive, de couper les communications des Gambiens. Je pense que c’est important qu’il y ait l’ouverture, la transparence, la liberté d’expression dans ce pays. Nous venons de vivre deux semaines où les Gambiens se sont exprimés pacifiquement. Ils se sont mobilisés dans les rues, ils se sont manifestés. C’était vraiment une période remarquable, qui a vraiment montré à quel point la liberté d’expression c’est précieux. Donc c’est très, très dommage de voir qu’il y a ces limitations maintenant et nous faisons appel aux autorités gambiennes pour lever ces limitations et permettre à la population de communiquer en toute liberté ».

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