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Gambie Justice

Gambie: l’opposant Ousseynou Darboe est libre

L'opposant Ousseynou Darboe, ici en novembre 2011.
© SEYLLOU / AFP

Le leader de l'opposition gambienne Ousseynou Darboe a été libéré ce lundi 5 décembre par la cour d'appel de Banjul. Une décision qui survient trois jours après la défaite inattendue de Yahya Jammeh à l'élection présidentielle.

C’est en chantant l’hymne national dans l'immense liesse de la salle d’audience qu’Ousseynou Darboe, sa famille et ses avocats ont fêté cette victoire judiciaire. C’est un nouveau pas, une nouvelle étape, la démocratie est en marche. Le leader politique cite Nelson Mandela : « J'ai beaucoup médité en prison. Je me suis demandé comment sortir notre pays de cette situation horrible sans provoquer de troubles. Je peux vous le dire, Nelson Mandela a toujours été un modèle pour moi. »

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Ousseynou Darboe est en liberté provisoire, comme les 18 personnes qui étaient jugées en appel avec lui, condamnées pour avoir participé à une manifestation interdite par les autorités en avril dernier. Les avocats ont mis en avant la situation exceptionnelle du pays, la victoire d'Adama Barrow à la présidentielle, l'impossibilité pour les leaders du parti emprisonnés de travailler à la mise en place du gouvernement. « C'est magnifique, tout le monde est heureux, la cour a écouté la voix du peuple », se réjouit l'un de ses avocats.

Le secrétaire général de l’UDP est le principal opposant du pays, celui qui a osé affronter Yahya Jammeh depuis des années. Ce verdict, cette liberté provisoire, est la première décision de justice rendue depuis la victoire d’Adama Barrow à l’élection présidentielle. Elle signe un peu plus la fin du régime de Yahya Jammeh, car l’ex-président tenait l’Etat et toutes institutions, et particulièrement la justice.

Une foule immense s’est rassemblée devant le tribunal pour fêter Ousseynou Darboe en chantant à nouveau l’hymne national.

Darboe évacué en mini-bus pour assurée sa sécurite, quelques minutes après l'annonce de sa libération provisoire, le 5 décembre 2016. © RFI / Guillaume Thibault


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Jusqu'au bout Yahya Jammeh a imposé ses règles. Lors de son dernier meeting, deux jours avant le scrutin présidentiel, Souleymane était là, avec ses proches: « Un de mes amis, durant un meeting politique du président Jammeh, il a pris une photo. Ils l'ont arrêté. Juste une photo. On a vécu 22 ans sans démocratie comme des esclaves ».

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