RDC: forte présence militaire près de Luhanga pour éviter de nouveaux massacres

La police militaire a été déployée pour protéger le camp de Luhanga. Ces déplacés Hutus ont été déjà pour la plupart victimes de multiples attaques dans leurs localités d'origine ou précédents sites de déplacement.
© RFI/Sonia Rolley

Cela fait une semaine qu’a eu lieu le massacre de Luhanga, l’un des pires massacres depuis le début du conflit intercommunautaire entre Hutus et Nandes. Une trentaine de déplacés hutus ont été tués dans l’attaque de leur camp. Ce sont les Maï Maï Mazembe, un groupe armé proche de la communauté Nande, qui sont accusés. L’enquête de la justice militaire congolaise est toujours en cours. L’armée congolaise s’est largement déployée dans la zone, permettant le retour des déplacés depuis vendredi dernier. L’armée qui a d’ailleurs attaqué, ce dimanche, un groupe de Maï Maï Mazembe sur une colline aux environs de Luhanga, preuve que les assaillants restent toujours dans les parages. D’où l’importance de cette présence militaire, comme celle de la Monusco pour éviter un nouveau drame.

Les décombres d’une maison, une autre en construction, partout autour de Luhanga, les vestiges de précédentes attaques sont présents. Des hameaux abandonnés et beaucoup de tristesse : « Là, ils ont tué beaucoup de gens : les enfants, les petits enfants, les mamans. Il y a beaucoup de gens morts. C’est ça qui se passe ». « Il y a beaucoup d’ennemis, beaucoup d’ennemis qui sont venus », racontent les habitants.

Sur la route se croisent les déplacés hutus et les soldats de la police militaire. Leur camp est installé juste à côté du camp de déplacés, principal lieu du drame sur lequel revient un déplacé : « A 5h20, nous avons vu l’attaque. Les Maï Maï Mazembe ont attaqué des trois côtés ».

Ce déplacé témoigne sous le regard des militaires. Autour de lui, les tombes de ses vingt-huit voisins assassinés et derrière, l’école qui accueillait encore quelques jours avant l’attaque, un camp de casques bleus. Sur demande de la société civile du Lubero, ce camp avait été éloigné à deux kilomètres, ce qui a permis l’attaque, dénoncent les déplacés, même si aujourd’hui, tous saluent le nouveau dispositif sécuritaire : « Nous avons la police militaire et nous avons la Monusco, normalement nous dormons très bien ».

Les déplacés demandent le maintien des militaires et surtout à ce que justice soit faite pour décourager toute nouvelle tuerie. Du côté de la communauté Nande, on explique que le camp de la Monusco occupait une école. Et que le responsable de la société civile qui avait fait cette demande d’éloignement du camp, même s’il a été brièvement interpellé, a été libéré, preuve de son innocence, selon elle. Les leaders de la communauté nande démentent également tout lien avec les Maï Maï Mazembe.