Pas de condamnation pour deux jeunes Marocaines poursuivies pour homosexualité

Vue générale de Marrakech.
© AFP PHOTO / FADEL SENNA

Au Maroc, c’est une victoire pour les défenseurs des droits de l’homme. Ce vendredi 9 décembre comparaissaient, à Marrakech, deux mineures accusées d’homosexualité, un acte considéré comme un délit dans le Royaume et puni de prison ferme. Le verdict, annoncé par l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH) est une première : les deux jeunes filles ont été remises officiellement à leur famille, sans que la loi pénalisant l’homosexualité n’ait été appliquée.

Début novembre, les deux jeunes filles avaient été dénoncées par des membres de leur famille à Marrakech et avaient passé une semaine en détention provisoire avant d’être libérées face à la pression des associations de défense des libertés individuelles.

Lors de leur arrestation, Sanaa et Hajar, âgées de 16 et 17 ans, ont été surprises en train de s’embrasser sur le toit d’une maison. Elles tombaient alors sous le coup de l’article 489 du code pénal marocain, qui punit jusqu’à trois ans de prison ferme les relations entre personnes du même sexe. Un délit considéré comme un acte « contre nature » dit-on, qui ne connaissait pas de réduction de peine pour les mineurs.

Il faut dire que cette nouvelle affaire avait largement mobilisé la presse internationale à quelques jours de l’ouverture de la COP 22, début novembre, à Marrakech. Selon Omar Arbib, de l’Association marocaine des droits de l’homme, contacté par RFI, la non-application de cette loi dans cette affaire pourrait créer un précédent et ouvrir la voie à l’abrogation d’un article considéré comme liberticide et discriminatoire par les défenseurs des droits humains.