Quelle vision de l'Afrique pour l'ONU version António Guterres?

António Guterres, devant l'Assemblée générale de l'ONU, en octobre 2016.
© DON EMMERT / AFP

Le futur secrétaire général de l'ONU, le Portugais António Guterres, prêtera serment ce lundi 12 décembre 2016 devant l'Assemblée générale de l'ONU. Puis il présentera aux 193 pays membres ses projets face aux multiples crises mondiales, ainsi que pour réformer cette institution vieille de 71 ans. M. Guterres a l’ambition de redonner aux Nations unies une plus grande influence dans les affaires du monde, et donc de l'Afrique.

Un homme de tête et de cœur, c'est ainsi que Samantha Power, représentante américaine à l'ONU, décrit António Guterres. Mais il devra être aussi un homme de poigne, pour réformer une organisation dont l'image a été très dégradée par son incapacité à faire cesser les bains de sang en Syrie, au Yémen ou encore au Soudan du Sud.

Ancien haut commissaire de l'ONU pour les réfugiés, António Guterres connait très bien le continent africain en particulier. Il connaît ses crises. Il connaît aussi de nombreux leaders d'opinion et a tissé sur le continent, au fil des années, un réseau important.

A titre d'exemple, dans les années 1990, le futur secrétaire général des Nations unies présidait le comité Afrique de l'Internationale socialiste. Pendant sa campagne, M. Guterres a fait savoir qu’il voulait être « la voix des opprimés ». Il a fait quelques discrets déplacements sur le continent.

La question des casques bleus en Afrique

Au-delà de la question de la Syrie, de la réforme de l'Organisation des Nations unies à proprement parler, se posera aussi la question du mandat des différentes forces de maintien de la paix souvent critiquées pour leur inefficacité.

Récemment, dans une interview accordée à France 24, António Guterres a affirmé qu'il fallait « donner à ces forces des possibilités d'action élargies ». Il a aussi ajouté qu'il fallait garantir leur autorité morale.

« Nous avons assisté à de graves violations des droits de l'homme par des forces onusiennes elles-mêmes, explique-t-il. Il faut travailler d'une façon très sérieuse avec les Etats membres pour garantir que l'impunité ne puisse pas triompher. »

Il faudra composer avec le principe de réalité

Pour Francis Kpatindé, son ancien porte-parole sur l'Afrique, António Guterres est un « brillant diplomate, un vrai politique. Il nourrit une véritable passion pour l'Afrique et son histoire. Dans son agenda, prédit le journaliste, l'Afrique aura une place de choix dans les années à venir. »

Autre dossier qui l'attend, celui de la représentation africaine au sein du cercle très fermé des Etats membres permanents du Conseil de sécurité. L'arrivée de ce diplomate chevronné, qui a promis de se faire le chantre du dialogue et du multilatéralisme, suscite ainsi l'espoir.

Cependant, cet espoir est quelque peu douché par l'élection de Donald Trump aux Etats-Unis, dont la sympathie pour les Nations unies est mesurée. Le président élu souhaite un retour sur investissement. Les Etats-Unis sont le plus gros contributeur financier de l'ONU et leur soutien est indispensable, rappelle notre correspondante à New York, Marie Bourreau.

Écouter l'entretien d'António Guterres à RFI sur les réfugiés (20 juin 2016)

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