RDC: les évêques espèrent progresser dans le dialogue malgré les désaccords

Panneau appelant au dialogue convoqué par le président Joseph Kabila, à Kinshasa en RDC.
© RFI/Habibou Bangré

Les discussions sont difficiles en RDC au dialogue politique lancé par les évêques, ultimes négociations avant la fin constitutionnelle du mandat du président Joseph Kabila, le 19 décembre. Sous la médiation de la conférence épiscopale du Congo, il s'agit de trouver un consensus le plus large possible sur la transition jusqu'à l'élection présidentielle. Les travaux en commission ont repris ce mercredi matin, avec finalement la participation du deuxième parti d'opposition en RDC, le Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba.

Après plusieurs heures de débat mardi et une entrevue ce mercredi avec des représentants de l'Eglise catholique congolaise, le parti de Jean-Pierre Bemba, le MLC, a accepté de revenir à la table des discussions. Le compromis trouvé : celui d'avoir trois représentants au lieu des deux prévus au départ; un dans chacune des trois commissions chargées d'aborder les points de divergence cruciaux entre majorité et opposition. Trois experts aussi, qui ne participeront pas aux négociations, mais pourront être sollicités par le MLC en cas de question technique.

Les discussions sont en cours. Elles se tiennent à huis clos. Trente-deux délégués en tout y participent. Trois commissions se penchent sur les principaux points de désaccord : la question du calendrier électoral, avec la date de la présidentielle, notamment, fin 2017 ou en avril 2018 ; les mesures de décrispation politiques à prendre : pour le Rassemblement de l'opposition, il faut libérer tous les prisonniers politiques et mettre fin aux poursuites judiciaires engagées contre l'ancien gouverneur Moïse Katumbi et bien d'autres opposants. Mais ce n'est pas l'avis de la majorité ; ou encore, et c'est le principal point d'achoppement, le statut de Joseph Kabila après le 19 décembre, qui marque la fin constitutionnelle de son mandat présidentiel.

L'avenir de Joseph Kabila au coeur des discussions

Pour l’opposition non signataire de l’accord du premier dialogue facilité par Edem Kodjo, le statut du président de la République après le 19 décembre est la question la plus importante. « Le statut du président de la République après le 19 ! C’est ça la vraie question ! Nous voudrions vraiment que ça aille vite, qu’on termine vite et qu’on n’arrive pas à ce qu’il y ait des problèmes de troubles dans le pays ».

Réplique de la majorité présidentielle par la bouche de Lambert Mendé, porte-parole du gouvernement : après le 19 décembre, Joseph Kabila restera en fonction. « Nous allons avoir un accord même aujourd’hui. Pourquoi attendre jeudi ? C’est loin ! S’il n’y a pas un accord nous constaterons qu’il n’y a pas un accord, mais il y a une Constitution, ça ne nous empêchera pas d’évoluer puisque ce n’est pas ici que nous écrivons la Constitution de la République ! Les violences… Posez la question à la police : si elle laissera faire la violence ! »

Ce jeudi, dernier jour des travaux que l'on a voulu sur une courte durée, les Congolais espèrent un accord consensuel au terme de ces négociations. Mais la marge de manœuvre est toute petite et le temps presse.

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