La Minusca déplore une hausse «alarmante» des violations des droits de l'homme

La Minusca s'inquiète de l'absence d'autorité de l'Etat dans certaines zones du pays
© EDOUARD DROPSY / AFP

En Centrafrique, la Minusca s'inquiète de la situation des droits de l'homme dans les zones qui ont échappé au contrôle de l'Etat. Dans son dernier rapport, elle pointe du doigt les multiples exactions commises par les milices affiliées aux ex-Seleka et aux anti-balaka, notamment contre les personnes accusées de sorcellerie. 

Les violations des droits de l'homme commises par des groupes armés en Centrafrique connaissent « une augmentation alarmante » depuis le mois d'août, avec au moins une centaine de morts. C'est la conclusion du dernier rapport de la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca).

Le rapport couvre la période entre juin 2015 et le 31 mars 2016, et porte sur la situation politique et sécuritaire de la Centrafrique. Selon la Minusca, le principal problème est l'incapacité du gouvernement à rétablir l'autorité de l'Etat surles territoires contrôlés par les groupes armés, notamment les ex-Seleka et les anti-balaka.

Pierre-Louis Rosevel, directeur adjoint de la division des droits de l'homme de la Minusca, affirme qu'il y a dans ces zones « un manque criant d'institutions policières et judiciaires », ce qui a « amplifié le climat d’impunité qui règne dans les territoires occupés par les groupes armés ».

La Minusca s'inquiète des violations des droits de l'homme
15-12-2016

Des personnes accusées de sorcellerie « enterrées vivantes »

La situation pour les personnes accusées de sorcelleriedans les zones contrôlées par les milices est « très préoccupante », s'alarme Pierre-Louis Rosevel. En l'absence d'autorité de l'Etat, et donc d'un appareil judiciaire, ces groupes « sèment la terreur », poursuit le responsable de la Minusca. « Dans certains cas, des personnes auraient été enterrées vivantes. »

La Minusca travaille en collaboration avec le gouvernement centrafricain pour mettre en place une campagne de sensibilisation, en particulier dans les territoires aux mains des groupes armés. Pierre-Louis Rosevel explique notamment que la Minusca « essaye de parler à la société civile, pour faire comprendre aux populations qu’il est inacceptable que [les milices] jugent et décident du sort des personnes accusées de sorcellerie. »

Les personnes accusées de sorcellerie particulièrement en danger
15-12-2016