Dialogue en RDC: sur quoi achoppent encore les discussions?

L'abbé Donatien Nshole, secrétaire général par intérim de la conférence épiscopale.
© RFI/Sonia Rolley

Troisième jour de discussions entre majorité et toutes les composantes de l'opposition en RDC, sous l'égide de l'Eglise congolaise (Cenco) pour parler de l'après 19 décembre. La fin constitutionnelle du mandat du président Kabila approche et il faut trouver un consensus le plus large possible pour organiser cette période, le premier accord signé en octobre étant rejeté par les poids lourds de l'opposition. Ce jeudi 15 décembre au matin, les travaux en commission ont repris mais les discussions sont toujours difficiles.

Les discussions sont difficiles, les positions de chaque camp, majorité et opposition, restent pour le moment assez éloignées.

Sur la question des élections, par exemple : l'opposition réclame qu'elles aient lieu fin 2017 au plus tard. La majorité, qui propose avril 2018, répond que l'opposition doit d'abord apporter les preuves qu'il est techniquement possible d'organiser les législatives et la présidentielle encore en 2017.

Idem du côté de la commission sur les mesures de décrispation politique.
Les discussions ont été houleuses hier, mercredi. Du côté du Rassemblement, emmené par l'UDPS, on demande la libération de tous les prisonniers politiques et la fin des poursuites judiciaires contre Moïse Katumbi, l'un des candidats à la présidentielle, comme préalable pour avancer sur le reste.

En face, les délégués de la majorité avancent des arguments juridiques, comme la difficulté de stopper une procédure en cours, par exemple.

Quel avenir pour Kabila ?

Difficile donc de trouver un consensus d’autant que la question la plus épineuse reste sans doute celle de l'avenir du président Joseph Kabila. Sur ce dossier, le Front de respect de la Constitution menée par le MLC continue de réclamer le départ du chef de l'Etat, lundi 19 à minuit.

Ils disent vouloir rester à tout prix dans le cadre de la Constitution qui prévoit la possibilité d'avoir recours au président du Sénat en cas de vacance du pouvoir.

Impossible, répond la majorité qui, elle, s'appuie sur la décision de la Cour constitutionnelle rendue il y a quelques mois. Celle-ci autorise Joseph Kabila à rester au pouvoir jusqu'à l'élection d'un nouveau président.

Comme le résumait un membre de la Cenco, « Chacun reste encore trop sur sa position de départ. Il faut sortir de l'approche juridique et faire preuve de volonté politique. » La Conférence épiscopale se réjouissait tout de même de voir que personne n'avait quitté la table des discussions. L'objectif désormais est de trouver un compromis d'ici samedi au plus tard.

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