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Madagascar

Madagascar: la loi de réconciliation nationale adoptée

Le projet de loi sur la réconciliation nationale a été adopté massivement mardi soir 13 décembre à l'Assemblée nationale, avec 87 voix pour et 19 contre.
© Site internet officiel de l'Assemblée nationale

C'était une loi dont on parlait depuis des années à Madagascar. Censée garantir la stabilité politique du pays, elle avait été maintes fois citée comme condition de décaissement par les bailleurs de fonds. Le projet de loi sur la réconciliation nationale a finalement été adopté massivement mardi soir 13 décembre à l'Assemblée nationale, avec 87 voix pour et 19 contre, deux mois après son vote par le Sénat. Mais dans les rangs de l'opposition, on pointe du doigt un calcul politique utilisé par l'exécutif pour, entre autres, mettre hors course les deux probables challengers pour l’élection présidentielle en 2018.

Le projet de loi de réconciliation nationale était dans les tuyaux depuis la fin de la transition, en 2013. Mardi, le vote a été expéditif : tous les articles ont été votés et tous les amendements ont été rejetés. A commencer par celui qui proposait de supprimer la limite temporelle des événements concernés par cette réconciliation.

Pour Mamy Rajaonson, député du TIM, le parti de Marc Ravalomanana, « cette restriction du processus de réconciliation à la période 2002-2013 vise directement certaines personnalités, dont les deux anciens présidents Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana. Cette loi, poursuit-il, est donc contraire au principe même d'une loi qui se doit d'être impersonnelle. Ceux qui ont fauté doivent payer pour leurs erreurs, mais il faut faire justice de manière objective et non avec des calculs politiques de bas niveau », conclut-il.

De son côté, Jean Brunelle Razafintsiandraofa, président du groupe parlementaire du Mapar, le parti d'Andry Rajoelina, se dit très déçu. « Normalement, l’esprit de cette loi c’est d’arrondir tous les angles et de régler tous les différends politiques pour empêcher une nouvelle crise. » Or, d'après lui, « empêcher certains candidats de se présenter à l'élection présidentielle de 2018 au nom de la réconciliation nationale pourrait justement engendrer une nouvelle crise. »

Ainsi, le cadre juridique, longtemps réclamé par les bailleurs et investisseurs, est désormais posé. Reste à savoir maintenant si le texte en l'état correspond aux attentes.

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