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Gambie

Gambie: la société civile ne baisse pas la garde devant les velléités de Jammeh

Les partisans d'Adama Barrow dansent sur une affiche de Yahya Jammeh, à Banjul le 2 décembre 2016.
© REUTERS/Thierry Gouegnon

Les chefs d'Etat de l'institution ouest-africaine se retrouvent pour un sommet consacré à la crise actuelle dans le pays. Yahya Jammeh a mis la Cédéao dans une posture complexe. Pour le moment, il n'a pas utilisé la force pour se maintenir au pouvoir. Difficile donc de le critiquer, difficile aussi de l'attaquer frontalement car tous savent qu'il est imprévisible. Alors que la Cédéao a une marge de manoeuvre bien réduite, en Gambie, la société civile n'hésite pas, au contraire, à demander le départ de Yahya Jammeh.

Joint sur les réseaux sociaux, au téléphone, commerçants, étudiants, chômeurs, tous tiennent le même discours : « on a eu peur durant vingt-deux ans, ça suffit », « ce n'est pas le moment de lâcher, Jammeh doit comprendre, il doit partir ». « C'est une défiance nouvelle jamais vue avant », reconnait un diplomate basé dans le pays.

Et depuis une semaine, la fronde contre celui qui a tenu la Gambie durant vingt-deux ans ne faiblit pas, au contraire. Le chef d'état-major a eu beau réaffirmer son soutien à Jammeh, cette déclaration n'a pas stoppé la bronca.

La rue n'est pas d'ailleurs pas la seule à se faire entendre. Après les avocats, après les professeurs de fac, les étudiants en droit, les sages-femmes ou encore les membres de la chambre de commerce demandent désormais à Yahya Jammeh de quitter la présidence, de laisser vivre « la nouvelle Gambie » voulue par le président élu Adama Barrow.

Des prises de position, impensables il y a un mois, filmées et diffusées sur internet, relayées massivement par la diaspora gambienne. Un exemple : pour les avocats du barreau de Banjul, l'ex-président a « trahi le pays ». Une fronde populaire qui pourrait aider la Cédéao à maintenir la pression sur Yahya Jammeh.

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