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RDC

RDC: les négociations suspendues jusqu'au 21 décembre

Les négociations entre pouvoir et opposition sous l'égide de la Conférence épiscopale nationale de la RDC (Cenco) doivent reprendre le 19 décembre.
© cenco.cd

En RDC, les négociations ce samedi entre pouvoir et opposition sous l'égide de la conférence épiscopale, pour trouver une sortie de crise politique, n'ont pas permis d'avancée. Les évêques ont suspendu les travaux jusqu'à mercredi à leur retour d'une visite à Rome prévue de longue date. La question de l'après-19 décembre, fin théorique du mandat du président Kabila, reste entière. Un intermède de trois jours débute et les deux camps ont une vision diamétralement opposée de l'avancée du dialogue.

A la sortie des discussions cet après-midi, le ministre Alexis Thambwe Mwamba pour la majorité affirmait que « les participants s'étaient mis d'accord sur les choses essentielles pour sauvegarder le pays ». Comprendre que la reprise des discussions mercredi devrait donc permettre de concrétiser ces consensus. C'est du moins ce qu'espère la majorité présidentielle et son coordonnateur pour la jeunesse, Adam Munkutu Chalwe : « Il n'y a pas d'échec. Cette opposition multiplie des prétextes pour éviter ce consensus. Notre volonté, c'est que ceux qui sont encore extrémistes puissent mettre un peu d'eau dans leur vin. »

L'opposition, elle, dit exactement le contraire. Dans sa déclaration, Félix Tshisekedi affirme « qu'aucun accord n'a été trouvé » avec la partie adverse. Il évoque aussi « le déploiement excessif et sans précédent du dispositif militaire sur toute l'étendue du territoire mettant de fait le pays sur le pied de guerre ». Enfin, il « demande au peuple congolais, face à la crise de légalité et de légitimité qui sera ouverte à partir de ce lundi 19 décembre 2016 à 23h59 de demeurer vigilant et mobilisé pour la défense de la Constitution de la République ».

Sur son compte Twitter, le fils du leader de l'opposition s'est fait plus virulent, indiquant que « les discussions ont échoué. A présent, peuple congolais, la balle est dans ton camp. Nous sommes arrivés au bout de nos efforts. »

Faut-il parler d'échec ?

Des solutions consensuelles n'ont pas encore été trouvées pour faire justice à toutes ces préoccupations.

Mgr Marcel Utembi
18-12-2016 - Par Kamanda Wa Kamanda

Les négociations se sont avérées laborieuses. D'un côté la coalition rassemblement et front pour le respect de la Constitution, de l'autre côté la majorité présidentielle. Ces deux forces s'épient, se suspectent. Dans ces conditions, difficile pour la classe politique de trouver un consensus concernant la solution à donner à la crise actuelle. Et il est vrai que les divergences qui persistent ont jusqu'ici bloqué le mécanisme.

Selon un délégué de l'opposition signataire de l'accord du 18 novembre, l'une des divergences se situe au niveau de la mise en place du conseil national de transition, organe que pourrait diriger le leader de l'opposition Etienne Tshisekedi.

En contrepartie, le président Joseph Kabila resterait en place le temps de la transition, sans possibilité de solliciter un troisième mandat. Dans la majorité, certains redoutent cette forme de cohabitation qui pourrait donner trop de pouvoir à la partie adverse.

Les évêques, eux, croient qu'il est encore possible d'éviter le chaos. Ils ont fixé la reprise des travaux après le retour à Kinshasa, donc le mercredi 21 décembre, appelant les Congolais à plus de responsabilité.

En tout cas, si chacun soutient l'initiative des évêques, l'objectif visant à désamorcer une situation politique explosive avant lundi 19 décembre, date théorique de la fin du mandat présidentiel de Joseph Kabila, n'est pas atteint. Et malgré l'accord sur l'abandon des poursuites judiciaires contre certaines personnalités de l'opposition ou leur libération, le problème immédiat reste entier.

La Belgique conseille à ses ressortissants d'évacuer

Tout le monde a en tête les violences en marge des manifestations anti-Kabila de septembre qui avaient fait une cinquantaine de morts selon l'ONU. Les ambassades occidentales déconseillent aux voyageurs de se rendre en RDC. La Belgique demande même à ses ressortissants de quitter le pays. Et les check-point ont été érigés un peu partout dans Kinshasa. Conséquences directes de ce dialogue qui peine à avancer et à faire tomber la tension.

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