Législatives en Côte d’Ivoire: vote dans le calme, mais pas d'enthousiasme

Opération de vote dans un bureau d'Abidjan, pour les législatives de Côte d'Ivoire, ce 18 décembre 2016.
© REUTERS/Thierry Gouegnon

En Côte d’Ivoire, ce dimanche, ce sont les premières élections législatives de la IIIe République. Cette fois, la coalition RHDP au pouvoir n'est pas seule en lice. Le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix doit faire face à une fraction du Front populaire ivoirien (FPI) conduite par Pascal Affi N’Guessan. En revanche, l'aile du parti de Laurent Gbagbo sous la houlette d'Aboudramane Sangaré prône un boycott du scrutin.

A Port-Bouët, à la périphérie d’Abidjan, capitale économique du pays, on ne peut pas vraiment dire qu’on se « bouscule » dans l’isoloir. D’une part, parce qu’à Bingerville, à Cocody ou à Port-Bouët, les bureaux ont ouvert avec des retards plus ou moins importants, d’un quart d’heure à une heure. D’autre part, parce que certains Ivoiriens sont allés à la messe ou bien ont vaqué à leurs occupations à la veille des fêtes de Noël, avec des achats à la clé. Dans les différents bureaux de vote, qui recensent chacun plus ou moins 400 électeurs inscrits, ils étaient quelques dizaines, voire une cinquantaine à avoir effectué leur devoir civique, en cochant d’une croix la case correspondant à leur candidat sur le bulletin unique.

Ils sont au total plus de 1 300 candidats sur tout le territoire à se présenter à ces élections pour 255 sièges à l’Assemblée nationale. Floraison de candidats pour les postes de députés donc, même si le match devrait se jouer entre le RHDP-majorité, l’opposition FPI, ainsi que les leaders et dissidents de la majorité qui ont décidé de partir au combat électoral seuls, forts de leur ancrage local.

Pas d’incident à Bouaké

A Bouaké, dans le centre de la Côte d'Ivoire, l’affluence, là aussi, reste faible à la mi-journée. Les électeurs de la deuxième ville du pays se font désirer. Du coup, dans les bureaux de vote, on papote, on se repose sur les bancs en attendant. Un agent de la Commission électorale indépendante (CEI), rencontré par RFI, confiait que le taux de participation dans son bureau était très bas.

Ce matin, le candidat du RHDP, Paul Koffi Koffi, a voté au centre Bassa, situé dans le quartier Air-France. Lui, a émis le souhait de voir les choses évoluer cet après-midi. Le candidat du FPI explique cette faible mobilisation par une sanction que les électeurs veulent infliger au RHDP pour avoir choisi des candidats qui ne leur conviennent pas.

Aucun incident majeur à signaler cependant. Le vote se déroule dans le calme. Le préfet de la région, lui, a sillonné les bureaux de vote pour s’assurer que le vote se déroulait effectivement dans la sécurité et dans le calme. Rappelons qu’à Bouaké, il y a quatre sièges qui sont en jeu dans la commune et trois listes FPI, RHDP et indépendante, sont en lice pour les conquérir.

Mobilisation plus soutenue en province

Je vais voter pour le changement parce qu’on est fatigués.

Paroles d'électeurs à Abidjan
18-12-2016 - Par Frédéric Garat

Selon nos informations, dans le nord de la Côte d’Ivoire, à Ferkessédougou ou Korhogo, les Ivoiriens se sont déplacés ce matin un peu plus que pour le référendum en octobre 2016. A Gagnoa, dans l’ouest du pays, dans la région du Gôh, fief de Laurent Gbagbo, les électeurs se déplacent aussi un peu plus qu’à Abidjan. Même engouement à Kaniasso, une circonscription du Nord-Ouest où la fréquentation semble bonne.

Quelques incidents ont été remontés par les organisations de la société civile qui sont là en tant que scrutateurs. Ainsi, des tentatives d’achats de vote ou d’influence sur les électeurs ont été signalées à Cocody, Bengerville et San Pedro, mais les auteurs de ces actes seraient entre les mains de la police et des plaintes ont été déposées. Puis à Bingerville encore, des représentants de partis en seraient venus aux mains.

A l’université d’Abidjan, vers 14 heures, une petite dizaine de jeunes, se faisant passer pour des électeurs, sont venus casser trois urnes et voler du matériel informatique avant de s’enfuir sans que les deux policiers de faction ne puissent intervenir. En tout cas, rien de très fâcheux à signaler pour ce début d’élections législatives.

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