Comment assurer la sécurité du président élu Adama Barrow en Gambie?

La Cédéao s'est engagée à assurer la sécurité du président élu Adama Barrow (ici le 1er septembre) en Gambie
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Samedi 17 décembre lors du sommet d'Abuja, la Cédéao s'est engagée à assurer la sécurité du président élu Adama Barrow en Gambie, c'est d'ailleurs un point précis signalé dans le rapport final. Mais quatre jours plus tard, rien n'a été clairement mis en œuvre.

La Cédéao fait face à un nouveau dilemme. Dans un premier temps, les chefs d'Etat ont décidé de mettre la pression autant sur Yahya Jammeh que sur l'armée. « Nous cherchons pour le moment à imposer aux forces de sécurité de protéger le président élu, l'armée doit être neutre », confie un cadre de l'institution. « L'idéal serait qu'un bataillon soit détaché auprès d'Adama Barrow », complète un diplomate en poste à Banjul. Problème : aucun signe ne semble indiquer que l'état-major, qui s'est dit fidèle à Jammeh est prêt à s'engager sur cette voie.

Pour les leaders de la coalition, cette option est risquée. « Tout peut arriver et tout le monde le sait », indique un proche d'Adama Barrow qui poursuit : « La Cédéao s'est engagée à protéger le président élu, elle doit le faire rapidement. C'est un homme d'Etat, il faut une sécurité d'Etat. »

Les présidents de la Cédéao ont donc une autre option, complexe à mettre en œuvre : assurer cette sécurité. « Avec des mesures discrètes, c'est possible, indique-t-on au sommet de l'institution, Yahya Jammeh le sait, il a une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Nos forces d'attentes sont disposées à intervenir s'il refuse de quitter la présidence le 19 janvier. » « Mais la priorité reste le dialogue, la persuasion », explique la source de RFI à la Cédéao qui conclut : « Jammeh le sait, il est impensable qu'il touche à un cheveu du président Barrow ».