Burkina: retrait du procès des avocats d’anciens membres du régiment présidentiel

Le Régiment de sécurité présidentielle était considéré comme la garde prétorienne de l'ancien président Blaise Compaoré. Il a été dissous à la suite du putsch raté de septembre 2015.
© AFP/SIA KAMBOU

Passe d'armes entre les avocats de la défense et le commissaire du gouvernement dans la salle d'audience à la reprise du procès des soldats l'ex-Régiment de sécurité présidentielle de Blaise Compaoré au Burkina Faso, accusé d'avoir fomenté en décembre 2015 un plan d'évasion pour des putschistes présumés. Les avocats commis d'office ont quitté la salle d'audience après le refus du juge de reporter le procès.

Les discussions étaient vives entre les avocats de la défense et le commissaire du gouvernement. Les avocats qui demandaient un report du procès décident de quitter la salle d'audience face à la décision du président du tribunal de le maintenir.

La dizaine d'avocats s'est ainsi déporté du dossier. « Nous n’assurerons pas la défense des personnes pour qui nous avons été commis d’office. Depuis, nous nous sommes attelés à défendre les droits de nos clients, mais au niveau de l’audience aussi nous avons tout fait pour expliquer qu’il était très important qu’on nous accorde un temps nécessaire pour pouvoir assurer pleinement la défense de nos clients. Le peuple burkinabè attend un procès équitable, il ne faut pas qu’on se trompe sur les attentes du peuple », justifie Me Arnaud Ouedraogo.

Ils évoquent également un agenda politique autour de ce premier procès sur les quatre principaux dossiers en instruction au tribunal militaire de Ouagadougou.

Dans ce dossier, 29 personnes, parmi lesquelles deux civils, sont accusées d'avoir planifié en décembre 2015 une attaque de la maison d'arrêt et de correction des armées afin de libérer les généraux Gilbert Diendéré, Djbrill Bassolé et les militaires incarcérés dans le cadre de l'enquête du putsch de septembre 2015.

Quelques minutes plus tard et face l'absence d'avocats de la défense, le président du tribunal décide du report du procès. Satisfaction dans le camp des avocats, mais incompréhension au niveau d'Alioune Zanré, le commissaire du gouvernement. « Est-ce que le bâtonnier peut commettre d’office un avocat, qui à l’audience décide de se déporter ? Peut-être qu’ils ont d’autres motivations que nous ignorons, suppose-t-il. Tout ce qu’ils invoquent je pense en toute sincérité que ça ne valait vraiment pas la peine. »

Le caporal Madi Ouedraogo et ses camarades ont été reconduits à la maison d'arrêt et de correction des armées. Toutes les parties se retrouveront le 5 janvier prochain pour la suite de ce procès.

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