Dialogue politique en RDC: le protocole d'accord sur la table

Les évêques de la Cenco, à Kinshasa, le 21 décembre 2016.
© REUTERS/Thomas Mukoya

A quoi ressemblera le futur politique de la République démocratique du Congo ? Le sujet est toujours en discussions à Kinshasa. Alors que, selon la Constitution, le deuxième et dernier mandat du président Joseph Kabila est arrivé à son terme au début de la semaine, les évêques congolais ont lancé une initiative de dialogue, pour tenter d’arracher un nouvel accord au pouvoir et à l’opposition congolaise. Le dialogue semble être sur le point de toucher à sa fin. Où en sont les tractations ?

Dans la nuit de vendredi à samedi et jusqu'au petit matin, les différentes parties prenantes aux négociations étaient toujours en train d'examiner en plénière le protocole d'accord proposé par les évêques et destiné à organiser la vie politique du pays dans les prochains mois et sortir le pays de la crise. A 6h locales, on apprenait que la pléinière s'interrompait quelques heures, pour reprendre à 11h. Il reste toujours quelques divergences, comme celle portant sur le gouvernement de transition : le Rassemblement souhaiterait prendre la primature.

Les évêques devront trancher dans les prochaines heures. Dans le cas contraire, il y aurait un plan B, les évêques ne laisseront pas cette situation en suspens. L'optimiste reste toutefois de mise.

Samy Badibanga n'est pas un sujet, ce n'est pas une question individuelle. La démarche est globale, des équilibres doivent être trouvés entre le sommet de l'Etat, la gestion quotidienne et l'organisation des élections qui viennent.

Francois Mwamba, membre du Rassemblement de l'opposition
24-12-2016 - Par Sonia Rolley

Avant, les évêques, à l'initiative de la médiation, en avaient d'abord donné les grandes lignes. Ensuite, chaque composante a décidé de se retirer pour pouvoir en discuter chacune de son côté. D’un côté, il y a les « dialoguistes », c’est-à-dire la majorité et l’opposition qui ont participé au dialogue national. De l’autre côté, il y a le Rassemblement de l’opposition, le MLP et la société civile qui est associée.

Dans la soirée, les évêques se sont dirigés vers la salle des « dialoguistes ». On s’attendait à une reprise de la plénière à 19h, mais cela n'a pas été le cas, ce qui laissait suggérer qu’il y avait encore des discussions autour de ce protocole d’accord, peut-être même des points de blocage. La plénière a finalement commencé peu après 20h (heure de Paris).

Mais dans la soirée, les évêques semblaient optimistes. Ils expliquent que, de toutes les manières, ils attendent une réponse de la classe politique d’ici à ce samedi matin. Le secrétaire général de la Cenco a été très clair là-dessus. Ensuite, les évêques vont s’envoler chacun dans leur paroisse pour Noël. Ils ne pourront donc pas poursuivre cette médiation. A ce moment-là, ils communiqueront sur le résultat de leur tentative.

Ce que prévoit le protocole d'accord

Le protocole d’accord prévoit que le président Kabila resterait un an de plus au pouvoir. L’élection présidentielle serait donc organisée à la fin de l’année 2017. Joseph Kabila s’engagerait à ne pas se présenter et à ne pas réviser la Constitution, qui lui interdit de se présenter.

En échange, le Rassemblement prendrait la tête d’un comité de suivi aux pouvoirs élargis. Ce comité de suivi serait capable d’imposer le respect de l’accord. Il y aurait donc une sorte de partage du pouvoir à ce niveau-là, de contrôle sur le processus électoral.

La question du gouvernement d’union nationale a aussi été abordée. Un nouveau gouvernement d’union nationale a été investi sur la base du précédent accord. Il pourrait y avoir un nouveau gouvernement d’union nationale et un remaniement de la Ceni, même si son président, pourtant très contesté par le Rassemblement, devrait garder ses fonctions.


Les violences ont fait 40 morts

L’ONU a revu à la hausse le bilan des violences de ces derniers jours en RDC. Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme a annoncé avoir documenté 40 morts parmi les civils, 107 blessés et 460 arrestations. Les violences ont été signalées dans plusieurs régions et l'ONU craint que « la crise politique entraîne une déstabilisation plus large du pays ».

Non seulement les militaires ont participé aux opérations de maintien de l'ordre, mais toutes les forces impliquées étaient lourdement armées et utilisaient des munitions réelles.

ELizabeth Throssell
24-12-2016 - Par Houda Ibrahim

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