RDC: des membres des mouvements citoyens portés disparus

A Kinshasa, une manifestation de l'opposition dispersée par la police.
© RFI/Sonia Rolley

Dans son homélie de Noël, l'archevêque de Kinshasa a apporté son soutien aux mouvements citoyens qui, selon lui, « ne réclament que leurs droits de vivre un peu plus dignement ». Pourtant, à Kinshasa, 8 membres des mouvements citoyens Filimbi, la Lutte pour le changement (Lucha), Compte à rebours et Nouvelle élite congolaise, sont portés disparus depuis une dizaine de jours, d'après leurs proches. L’épouse de l’un d’eux s'est exprimée sur RFI.

Nicole Kapinga est l'épouse de Carbone Beni, l'un des membres de Filimbi interpellés à Kinshasa. Elle s’inquiète de sa disparition. « Je ne sais où on l’a amené. Je ne lui ai pas parlé. Je ne l’ai pas vu. C’est très compliqué pour moi, témoigne Nicolas Kapinga. Je veux juste la libération de mon mari parce qu’il est porté disparu. Ça fait maintenant 15 jours, c’est trop pour nous. Et on va entrer en 2017 sans lui. Je ne sais même pas s’il est en vie ou s’il est mort. Moi j’ai envie qu’on le libère, qu’on puisse le voir, moi et mes enfants. On a besoin de lui. »

Contacté à ce propos, le porte-parole du gouvernement congolais Lambert Mende explique que cela ne relève pas de la compétence du gouvernement et invite Nicole Kapinga et les autres personnes dans sa situation à s'adresser « au poste de police du lieu d'arrestation ou se plaindre auprès du tribunal ».

Des membres de la Lucha en détention

Par ailleurs à Mbuji Mayi, deux membres de la Lutte pour le changement (Lucha) ont été interpellés le 21 décembre après avoir distribué des tracts appelant à une mobilisation le 19 décembre. Selon leur avocate, ils sont inculpés pour « appartenance à un mouvement insurrectionne». Cette dernière a demandé la libération provisoire des deux militants, mais le magistrat tarde à se prononcer sur leur cas. Maître Isabelle Lubuya assure que ses clients, à qui l'on reproche d'avoir incité a la désobéissance civile, avaient pourtant écrit aux autorités locales pour les prévenir qu'une marche aurait lieu pour réclamer le départ du président Kabila.

« Jusqu’ici, il avait été mis à leur charge l’incitation de la population à la désobéissance. Ils ne l’ont pas reconnu, du fait que, eux, selon la preuve qu’ils ont démontré, ils avaient saisi l’autorité urbaine pour obtenir l’autorisation d’organiser une manifestation publique qui devait réclamer des élections, explique-t-elle. Il s’agit d’interpeller les responsables judiciaires qui ont vraiment les dossiers parce que, de par notre analyse, il n’y a pas de faits infractionnels. Mais parce qu’ils sont déjà entre les mains de la justice, j’ai sollicité que justice soit faite et que les droits soient dits. »