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Somalie

Somalie: les parlementaires élus prennent leur fonction

Les membres du Parlement somalien prêtent serment sur le Coran lors de leur prise de fonction, le 27 décembre 2016.
© REUTERS/Feisal Omar

Les parlementaires somaliens ont prêté serment mardi 27 décembre à Mogadiscio, alors que les élections législatives ne sont pas encore terminées. Les membres de la Chambre haute, élus par les gouvernements de six régions somaliennes, et ceux de la Chambre basse, élus par environ 14 000 électeurs délégués, ont pris leur fonction sous haute sécurité, et sur fond d’un processus électoral toujours plus critiqué.

Les 284 parlementaires élus ont prêté serment sous haute sécurité à l’académie de police de Mogadiscio. Selon un habitant, la circulation était bloquée sur toutes les rues principales de la capitale, quadrillées par l’armée.

Après avoir été reportée plusieurs fois, la cérémonie s’est tenue alors que le Somaliland n’a pas encore élu la plupart de ses représentants, et qu’au moins cinq sièges des autres régions doivent être de nouveau soumis à un vote à cause d’irrégularités.

Bien qu’il y ait plus de jeunes et plus de femmes dans ce nouveau Parlement, le processus électoral somalien est de plus en plus décrié.

18 sièges supplémentaires

Le week-end dernier, le Forum national des leaders, composé d’officiels du gouvernement actuel, a annoncé l’ajout de 18 sièges supplémentaires à la Chambre haute, ce qui est contraire à la Constitution. Une décision condamnée par par six des candidats à la présidentielle qui affirment dans un communiqué y voir une énième tentative de manipuler les élections, mais aussi par la communauté internationale.

Peter de Clercq, le représentant spécial adjoint du secrétariat général des Nations unies pour la Somalie, souligne que l’ajout « dans les dernières minutes » de ces 18 sièges s’est fait de manière « entièrement inconstitutionnelle ». Mais cela soulève aussi d’autres problèmes.

« Ils proposent non pas d’élire mais de donner des noms pour ces sièges. Normalement, cela requiert une révision constitutionnelle. Mais il y a aussi d’autres problèmes majeurs en termes de corruption, d’achat de votes, d’intimidation, de harcèlement, détaille Peter de Clercq. Il y a aussi le fait que certains sièges, réservés à des femmes, semblent avoir été pris par des hommes. Ces 18 sièges ne doivent pas être ajoutés avant les élections, sinon cela devrait prendre une révision constitutionnelle. Et ça ne peut être organisé qu’après une décision du Parlement. Cela devrait prendre place après les élections, pour ne pas perturber le processus en cours. »

Avec 347 parlementaires pour environ 10 millions d’habitants, le nouveau Parlement somalien sera l’un des plus importants du monde, estime Abdi Barud, fondateur de la plateforme citoyenne Wakiil qui suit les élections. En termes de salaires, cela représente, selon Wakiil, près d’un million de dollars par mois pour un pays à l’économie ravagée par 25 années de guerre civile.

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