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RDC

RDC: toujours pas d'accord à Kinshasa, les discussions se poursuivent

Marcel Utembi, président de la Conférence épiscopale nationale de la RDC (Cenco), le 30 décembre 2016 à Kinshasa.
© REUTERS/Robert Carrubba

Ce samedi 31 décembre 2016, la République démocratique du Congo (RDC) est dans l'attente d'un accord entre la majorité et l'opposition, réunies au siège de l'épiscopat à Kinshasa. Les parties auraient dû finaliser un accord de sortie de crise politique vendredi, puis dans la matinée ce samedi, mais il n'en est toujours rien. Les négociations bloquent à nouveau.

Que sait-on de ces blocages ? Il y a d'abord un problème de formulation au niveau de l’attribution de la primature. On sait que le Premier ministre doit en principe être issu du Rassemblement de l'opposition. Mais le Rassemblement estime que la formulation est trop vague. Il aimerait pouvoir être maître de cette nomination, et craint que le président Kabila ne nomme, comme le dit une source de l’UDPS, une « brebis égarée » du Rassemblement.

Il y a également un blocage autour d'une demande de la majorité, à savoir que soit inscrit dans le texte d'accord un article de la Constitution (l'article 5) qui parle de la souveraineté nationale, du référendum et des droits des Congolais à être élus et à élire. Le Rassemblement y voit la menace d’un référendum pour changer la Constitution et permettre un troisième mandat pour le président Kabila.

Troisième source de blocage, nous dit-on : le cas de Moïse Katumbi, qui est toujours en exil, condamné en RDC et que l’opposition chercherait à faire revenir. Il y a donc un blocage sur son cas comme sur d’autres.

De nouveaux problèmes émergent donc et ne portent pas exactement sur les mêmes questions que les blocages de vendredi. Pour l’instant, les acteurs politiques congolais discutent.

Aubin Minaku, le chef de la majorité, président de l’Assemblée nationale, est entré en trombe à la mi-journée dans la salle des discussions. Les diplomates, eux, sont partis. Ils seront rappelés en cas de signature.

Fin de la mission de médiation de l'église 

L’Eglise catholique, qui encadre ces négociations, avait donné comme date-butoir ce samedi soir pour obtenir un accord. A la mi-journée, le nonce apostolique est sorti de la salle des négociations à Kinshasa pour s'adresser à la presse. Luis Mariano Montemayor a confirmé qu'il s'agissait du dernier jour des négociations quoi qu’il arrive, qu’avec un accord ou pas, en tout cas, l’Eglise finissait sa mission de médiation ce samedi. L’émissaire du Vatican explique qu’il y a des manœuvres de dernière minute, des « manœuvres politiques », a-t-il dit. Et selon lui, ces dernières retardent à nouveau la signature.

Le nonce a expliqué qu’il y avait quand même un enjeu très important, à savoir la reconnaissance des institutions. Il pourrait selon lui y avoir un problème s’il n’y a pas d’accord ; certains Etats pourraient décider ne pas reconnaître les institutions de la République démocratique du Congo. Le nonce a rappelé qu’il y a une crise économique, qu’il y a beaucoup d’attente des Congolais, qui attend le résultat des négociations, et qu’il faudrait que les acteurs politiques arrivent à se mettre d’accord pour donner un peu de paix en ce réveillon de la Saint-Sylvestre au peuple congolais.

L’émissaire du Vatican est formel. Soit il y a accord aujourd’hui, soit l’Eglise catholique met un terme à sa mission de bons offices. Mais avec ou sans accord, le pays n'en a pas fini avec ses difficultés.

Il faut que la classe politique prenne ses responsabilités. Elle ne peut pas tenir en otage la nation toute entière.

Monseigneur Montemayor: «Pour ce qui nous regarde, c'est clair : aujourd'hui on a la signature ou l'Eglise se retire de (la mission) de bons offices
31-12-2016 - Par Sonia Rolley

« Pas d’accord, pas de sortie »

Signe de nervosité, les femmes du Cadre permanent de concertation de la femme congolaise (Cafco), qui étaient assises à l’entrée du Centre interdiocésain à attendre les résultats des négociations, ont décidé de se lever pour bloquer la sortie des véhicules des acteurs politiques qui tentaient de sortir ce samedi, rapporte notre correspondante.

Depuis vendredi, elles brandissent des panneaux stipulant : « Pas d’accord, pas de sortie ». Elles ont donc décidé de mettre en œuvre leurs menaces. Certes, les policiers sont là et permettent le passage des véhicules, mais on voit bien qu’au Centre interdiocésain, il y a beaucoup de nervosité compte tenu des nouveaux blocages.

Nous sommes fatiguées. Cela fait plus de deux mois qu'ils nous disent qu'ils vont trouver un accord, mais ils n'ont jamais trouvé d'accord ! Nous réclamons qu'ils s'entendent. Nous voulons la paix.

Des femmes du Cadre de concertation de la femme congolaise (Cafco)
31-12-2016 - Par Sonia Rolley

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