Le Zimbabwe brade-t-il ses animaux sauvages pour éponger ses dettes?

Trente cinq éléphanteaux auraient notamment été capturés dans le parc national Hwange pour être vendus à la Chine.
© REUTERS/Philimon Bulawayo

Les animaux sauvages sont-ils les victimes collatérales de la grave crise que traverse le Zimbabwe ? En mal de liquidités et extrêmement endetté, Harare a annoncé être dans l'incapacité de payer sa dette à ses quatre principaux débiteurs internationaux (FMI, Banque mondiale, Banque de développement, Banque européenne d'investissement). Les dirigeants du pays sont maintenant soupçonnés de puiser dans les ressources naturelles pour éponger des dettes. Selon la presse, des dizaines d'animaux sauvages auraient été discrètement vendus à la Chine pour faire entrer quelques dizaines de milliers de dollars dans les caisses de l'Etat.

L'opération a eu lieu en début de semaine : un avion-cargo russe a discrètement quitté le Zimbabwe pour rejoindre Shanghai. A son bord, 35 jeunes éléphants, originaires du parc de Hwange. Les autorités zimbabwéennes de la conservation avaient justifié la capture de ces animaux en expliquant qu'il s'agissait de reconstituer la faune dans certains parcs du pays.

Mais d'autres sources dénoncent « une opération d'une cruauté inouïe ». Selon certains spécialistes de la conservation, les animaux sont en fait voués à la captivité dans des zoos chinois et pourraient même être utilisés pour leur ivoire.

Sauf que l'affaire ne s'arrête pas là : la vente d'un éléphant peut rapporter entre 40 000 et 60 000 dollars, et selon le Times de Londres, cet argent pourrait en fait servir à payer l'achat de bottes et d'uniformes destinés à l'armée congolaise. Toute cette opération serait directement gérée par la première dame, Grace Mugabe.

Démenti

Ces rumeurs ont depuis été fermement démenties par la Chine, qui explique qu'il s'agit d'une activité commerciale légale, et que tout l'argent a été versé sur le compte des parcs animaliers zimbabwéens.

Une autre cargaison transportant cette fois une dizaine de hyènes, huit lions et une girafe devait partir du Zimbabwe vers la Chine avant ce week-end.

Une polémique qui intervient alors que la Chine vient d'annoncer qu'elle allait interdire le commerce de l'ivoire sous toutes ses formes d'ici la fin de l'année 2017. Une décision qui a été saluée comme « historique ». Actuellement, 70% de l'ivoire mondial finit sur le marché chinois.