Madagascar: des pluies artificielles pour combattre la sécheresse

Célestin et ses fils pêchent les carpes à la main dans leur rizière, sur les Hauts-Plateaux malgaches, en novembre 2016.
© RFI/Sarah Tétaud

Sur les Hauts-Plateaux malgaches, l'absence de précipitations depuis près d'un mois est devenue critique. Outre les champs qui subissent la sécheresse, les cours d'eau, censés approvisionner les centrales hydroélectriques, sont à leur plus bas niveau. Aussi, les coupures d'électricité sont le lot quotidien des habitants de la capitale. Pour tenter d’enrayer cette situation, une série d’opérations aériennes ont été lancées pour provoquer artificiellement des pluies au-dessus des rivières. Après plusieurs échecs mi-décembre dernier, les espoirs placés dans ces nouvelles opérations sont grands.

Deux mois après le début de la saison des pluies à Madagascar, et les précipitations se font attendre. L’étiage des cours d’eau a rarement été aussi bas. Aussi, les centrales hydroélectriques, qui fournissent plus de 50% de l’électricité du pays, ont cessé de fonctionner ou tournent au ralenti.

La Jirama, la société nationale d’électricité, a décidé de provoquer des pluies artificielles pour tenter d'abreuver ses centrales. Après plusieurs échecs mi-décembre dernier, les espoirs placés dans ces nouvelles opérations sont grands.

Épandages de sel au-dessus des nuages

Le 31 décembre et le 1er janvier, un aéronef a pulvérisé une trentaine de kilos de sel de cuisine dans les nuages, au-dessus des cours d’eau alimentant la centrale d’Andekaleka, dans l'est de la Grande Île.

Rivo Randrianarison, chef prévisionniste à la Direction générale de la météorologie, a dirigé les opérations à bord de l’avion. D’après lui, « les conditions météorologiques étaient enfin réunies pour procéder à l’ensemencement des nuages ». « Instabilité et humidité atmosphériques, vent à moins de 15km/h, cumulus de beau temps dans le ciel : c’était le moment idéal » affirme-t-il.

5 100 euros chaque opération

Ces épandages de sel ont été facturés chacun 18 millions d’ariarys (environ 5 100 euros) à la Jirama. Une coquette somme, pour Bruno Nomenjanahary, le directeur général adjoint de l’entreprise, qui espère bien cette fois des résultats concrets, après plusieurs échecs successifs, en décembre dernier, liés, dit-il, « à des conditions météorologiques pas tout à fait favorables ».

Hier et avant-hier, quelques orages ont éclaté sur la région des Hautes-Terres, dans le centre du pays. « Impossible, cependant, de savoir si ces pluies sont d’origine naturelle ou artificielle », admet le météorologue.

Seules les données pluviométriques et satellitaires, disponibles dans la journée, pourront attester de la réussite de ces opérations. Deux nouveaux épandages sont d’ores et déjà prévus aujourd’hui et demain.

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