RDC: un pont effondré menace le ravitaillement de toute une région

La rivière Semliki, ici dans sa partie ougandaise.
© CC/Iwoelbern

Depuis lundi, la route qui relie l'est de la RDC à l'Ouganda est coupée. Le pont qui enjambait la rivière Semliki au sud-est de Béni s'est effondré au passage d'un camion de marchandises. Résultat : tous les véhicules sont bloqués. Or cette route est indispensable pour le ravitaillement des villes de Béni, Butembo et de leurs environs. Si la situation n'est pas résolue très vite, les habitants pourraient rapidement manquer de biens de première nécessité.

Des dizaines de poids lourds remplis de marchandises transitent habituellement chaque jour par cette route. Sa fermeture est donc une véritable « catastrophe » pour les acteurs économiques locaux et les populations.

C'est par là qu'arrivent toutes les marchandises en provenance d'Ouganda, du Kenya et de la Tanzanie : sucre, farine, des biens manufacturés introuvables ailleurs dans la région. Mais c'est aussi une route d'exportation du café produit en Ituri par exemple.

Une autre route reliant les deux pays, RDC et Ouganda, existe bien un peu plus au nord, mais elle est au coeur d'un territoire connu sous le nom de « triangle de la mort » en raison de son niveau d'insécurité.

L'effondrement du pont de Semliki sous le poids d'un seul camion de marchandises risque donc d'entraîner pénurie et hausse des prix dans cette région déjà très pauvre. Et pourtant, ce n'est pas vraiment une surprise. Ce pont date de l'époque coloniale belge et n'avait pas été réhabilité depuis.

En 2013, plusieurs députés avaient d'ailleurs tiré la sonnette d'alarme. En août dernier, le chef de l'Etat lui-même s'était rendu sur place, le risque était donc connu. Dès l'annonce de son effondrement, le gouverneur de la province, Julien Paluku, s'est rendu sur place. Il promet que le pont sera de nouveau opérationnel dans une dizaine de jours.

Il n’y a pas une autre route qui peut nous aider. Il y a une bretelle qu’on peut utiliser mais cette bretelle-là ne peut pas supporter des véhicules de plus de 10 tonnes, parce que cette route serpente dans la montagne. Donc le coût dédié sera revu à la hausse. Comme nous sommes dans une zone qui est en insécurité, le pouvoir d’achat de la population est très minime. Donc la population va en souffrir.

Cléophas Paluku Kahongya
04-01-2017 - Par Florence Morice

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