Libye: le maréchal Haftar promet de continuer la guerre contre les jihadistes

Le maréchal Haftar, ici en 2014.
© REUTERS/Esam Omran Al-Fetori

Le maréchal libyen Khalifa Haftar, dans un entretien accordé à nos collègues italiens, adresse plusieurs messages aux Libyens et à l'étranger. Dans ce long entretien avec le quotidien italien Il Corriere della Sera, il soutient qu'il a l'appui du président russe pour obtenir des armes. L'homme fort de l'est de la Libye assure qu'il va poursuivre la guerre qu'il livre aux islamistes depuis 2014 et appelle le gouvernement de Fayez el-Sarraj à le suivre.

Haftar assure que la Russie fera tout pour lever l'embargo sur les armes imposé à la Libye et qu'elle lui livrera ensuite les armes nécessaires : « La Russie a une longue histoire en Libye, et la politique russe contre les terroristes au Moyen-Orient me plaît », déclare le maréchal.

Dans l'entretien, il dit refuser d'aller à Alger pour rencontrer le Premier ministre du gouvernement d'union nationale, Fayez el-Sarraj. Une rencontre qui était prévue ce 6 janvier, refutant ainsi les efforts algériens pour résoudre le conflit libyen.

Il assure n'avoir rien contre el-Sarraj, mais « contre son entourage », faisant allusion aux islamistes. Pour lui, l'heure est au combat contre les extrémistes. « Le temps de la guerre précède celui de la politique », annonce-t-il. La priorité est de sécuriser le pays. Il précise avoir tué 7000 jihadistes toutes organisations confondues [al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), l'organisation Etat islamique, et leurs alliés, ndlr].

Le maréchal accuse les milices de Misrata d'aider ces extrémistes, surtout la katiba al-Farouk. Ces milices envoient toujours des nouveaux combattants vers Benghazi où Haftar aurait perdu 5000 de ses hommes.

A une question concernant Saif al-Islam el-Kadhafi, il estime que l'avenir politique de ce dernier est réduit en cendres, ce qui a mis en colère les kadhafistes qui sont pour le maréchal. Enfin, dans un message adressé à l'Europe, il estime qu'il est capable d'arrêter les migrants cherchant à joindre l'Eldorado rêvé, en contrôlant les frontières sud de la Libye.