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Côte d'Ivoire

Côte d'Ivoire: les soldats mutins appelés à rentrer dans les casernes

Un mutin au check-point à Bouaké, le 6 janvier 2017.
© REUTERS/ Thierry Gouegnon

En Côte d’Ivoire, la nuit de jeudi à vendredi et le début de matinée ont été très agités avec des tirs d’armes automatiques et plusieurs villes de garnison bloquées par des forces armées. A Bouaké, Korogho, Daloa et Daoukro, des militaires réclament des hausses de salaire et un meilleur traitement de la part du gouvernement. Incident sans victimes officiellement recensées, mais les militaires semblent déterminés.

Le Conseil national de sécurité présidé par le chef de l’Etat Alassane Ouattara a tenu une réunion d'urgence, où l’on a du faire ou refaire le film de cette journée qui s’est traduite par quelques actions coup de poing de militaires en colère.

Tout est fermé à Daloa, les commerces, les marchés, l'administration (...) Ils veulent bloquer le fonctionnement normal des activités

Témoignagne à Daloa Korogho
06-01-2017

Des soldats du rang qui à Bouaké puis à Daloa Korogho et enfin à Daoukro se sont rendus maîtres des lieux stratégiques et des axes principaux des villes. Brièvement et symboliquement comme à Korogho ou à Daoukro, où des barrages éphémères ont été dressés. Plus longuement et avec détermination à Bouaké où il y a encore peu, les barrages sur les principaux axes et routes étaient bel et bien en place.

D’où cette réunion du Conseil national de sécurité réunissant tous les ministres clefs dans ce genre de circonstance. Le ministre de la Défense, Alain Richard Donwahi, s’est auparavant entretenu avec le président Ouattara de la situation, afin d’analyser le degré de gravité des évènements, qui il convient de le souligner, n’ont pas fait de victimes directes.

Un air de déjà-vu à Bouaké

Lors de cette réunion désormais terminée, les dirigeants ivoiriens ont probablement tenté de mesurer les revendications qui animent ces militaires, qui se considèrent comme laissés pour compte. Selon le communiqué diffusé par le ministère de la Défense, ces revendications portent sur des hausses de salaire, le paiement de primes ou encore  sur une progression hiérarchique jugée trop lente.

Il y a également une revendication qui laisse perplexes bon nombre d’observateurs ici, sur une prime « ECOMOG » que revendiqueraient certains de ces militaires. Mais dans l’ensemble, on a tout de même l’étrange impression de revivre le scénario de la fin 2014, lorsque les militaires de Bouaké, déjà à l’époque, mais aussi des camps militaires d’Abobo ou d’Akouédo, réclamaient également ce genre de gratifications.

Quelle sera la décision du ministre et surtout du chef de l’Etat qui est le chef suprême des armées, on ne le sait pas encore. Le communiqué de la mi-journée recommande aux militaires insurgés de retourner dans leur caserne, en vue de permettre de trouver des solutions durables.

Le ministre de la Défense s’est exprimé vendredi soir au journal télévisé, au sortir du Conseil national de sécurité. Alain Richard Donwahi a notyamment annoncé qu'il se rendrait samedi à Bouaké.

Notre armée est en pleine reconstruction, les choses n'avancent pas aussi vite que l'on pourrait le souhaiter, mais elles avancent quand même (...) Nous sommes convaincus que cette situation-là va s'arranger rapidement, surtout que nous avons décidé de parler à nos hommes, comprendre leurs revendications

Alain Richard Donwahi, ministre de la Défense
06-01-2017


Situation toujours tendue à Bouaké vendredi soir

Selon des témoins, et en dépit de l'appel au calme du ministre de la Défense, les mutins ont refusé de regagner leurs casernes. Les soldats en colères continuent de contrôler les aller et venues sur les principaux axes de la ville. La plupart des habitants, inquiets, sont chez eux. Depuis le début de l'après-midi, des discussions sont en cours à la résidence du préfet, en présence notamment de l'archevêque de Bouaké.

Nous avons des discussions, parce que nous souhaitons qu'ils libèrent les corridors et que les populations puissent vaquer à leurs affaires...

Le maire de Bouaké Nicolas Djibo demande aux mutins de libérer les corridors
06-01-2017 - Par Florence Morice

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