Guinée: l’opposition boycotte le Comité de suivi

Des militants de l'UFDG pendant la campagne électorale de septembre 2013.
© Olivier Rogez/RFI

En Guinée Conakry, le Collectif des partis politiques de l'opposition suspend sa participation aux travaux du Comité de suivi. Ce comité est chargé de l’application de l’accord politique inter-guinéen du 12 octobre dernier. Le collectif, emmené par l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), proteste contre ce qu'il appelle la « violation » de l'accord par le camp présidentiel. En toile de fond, des dissensions à propos du nouveau code électoral qui n'a pas été adopté par les députés, ce qui remet en cause la tenue des élections locales et communales prévues, initialement, le mois prochain.

Le mercredi 4 janvier, la session budgétaire de l'Assemblée nationale a été clôturée sans que le nouveau code électoral n'ait été examiné en plénière et, encore moins adopté. Pour l'opposition, c'est une violation flagrante de l'accord du 12 octobre, une façon de le torpiller.

Aboubacar Sylla
07-01-2017 - Par Carine Frenk

« Jusqu’à ce jour, aucune disposition n’a encore été mise en œuvre. Ce sont toujours des faux-fuyants, des atermoiements et des hésitations. Les élections locales, pour lesquelles nous nous battons depuis des années et des années, sont reportées sine die. Entretemps, les collectivités sont dirigées par des personnes qui sont nommées par le pouvoir et qui interfèrent dans les processus électoraux. Les élus locaux sont simplement des nommés qui n’ont aucune légitimité pour parler au nom des populations qu’ils sont censés représenter », a déclaré, à RFI, Aboubacar Sylla, porte-parole du Collectif des partis de l’opposition.

A l'opposition qui dénonce la mauvaise foi du camp présidentiel qui signe un accord d'un côté mais soulève de nouveaux débats de l'autre, la majorité répond qu'elle est justement dans son rôle.

«  Le dialogue n’enlève pas aux députés le droit de débattre d’un texte de loi qui leur est soumis. Nous avons proposé un scrutin mixte, au niveau des communes, et c’est cela qu’ils n’ont pas apprécié », a, pour sa part, répliqué Damaro Camara, président du groupe parlementaire de la majorité présidentielle.

Une session extraordinaire de l'Assemblée nationale pourrait être convoquée en février prochain.