Gabon: le ministre du Pétrole fait les frais d'un remaniement ministériel

Le Premier ministre gabonais, Emmanuel Issozé-Ngondet, en septembre 2016.
© STEVE JORDAN / AFP

Au Gabon, trois mois après son entrée en fonction, le Premier ministre Issozé-Ngondet a procédé à un remaniement ministériel qui n'est pas anodin. Même si son équipe ne change que légèrement, parmi les modifications opérées, on note le départ du ministre du Pétrole et des Hydrocarbures. Etienne Dieudonné Ngoubou est remplacé par Pascal Houangni Ambouroue, jusqu'alors ministre délégué à l'Economie, chargé de la Prospective et de la Programmation du développement. Le pétrole et les hydrocarbures constituent un portefeuille stratégique pour le pays, touché par la chute des cours du baril.

Deux ans après son arrivée, Etienne Dieudonné Ngoubou a été démis de ses fonctions sans explication officielle. Toutefois, un proche du pouvoir estime que « lorsqu'on sort du gouvernement comme ça, c'est qu'on a mal fait quelque chose ».

En tout cas, son départ survient alors que le secteur pétrolier est en difficulté avec fermetures d'entreprises, licenciements, grèves. S'ajoutent des rumeurs sur un possible départ de Total et Shell pour manque de rentabilité. Rumeurs que mi-décembre, Etienne Dieudonné Ngoubou, alors encore ministre, avait démenti. Ce dernier paie-t-il ce contexte délicat ? Possible. Mais un connaisseur du dossier pointe aussi sa proximité avec Maixent Accrombessi. Le directeur de cabinet du président Bongo, mal-aimé d'une partie des Gabonais, avait été écarté en octobre. Ses ennemis auraient profité de son affaiblissement pour demander la tête du ministre.

Il a été remplacé par Pascal Houangni Ambouroue. Un choix qui ne doit rien au hasard. « Il vient de Port-Gentil, où on a l'essentiel de l'exploitation pétrolière. Sa mère a été maire de la ville. Donc, c'est un message clair pour les habitants de là-bas », explique un analyste.

Le Premier ministre a d'ailleurs évoqué la situation mardi lors de ses vœux. Malgré la crise pétrolière, Emmanuel Issozé-Ngondet a promis de « promouvoir une croissance durable et inclusive », avec en parallèle une utilisation plus rationnelle de la dépense publique. Il a également assuré que les salaires des fonctionnaires ne baisseraient pas.