Republier
RDC

Violences dans les provinces du Kasai en RDC: le gouvernement interpellé

La fumée s'élève au-dessus de la colline qui surplombe le camp militaire Kasai, après un échange de tirs nourris (photo d'archives).
© RFI/Léa Lisa Westerhoff

Le gouvernement a été interpellé jeudi 12 janvier à l’Assemblée sur les violences dans les provinces du Kasai qui durent depuis plus de six mois. Des centaines de morts, des dizaines de milliers de personnes affectées par le conflit, et à l’origine, la révolte d’un chef coutumier non reconnu par les autorités, le chef Kamuina Nsapu. Selon ses proches, au-delà de la frustration de ne pas se voir reconnu, ce serait une perquisition musclée qui l’aurait radicalisé contre l’autorité de l’Etat, une perquisition au cours de laquelle ses attributs de pouvoir auraient été violés et sa famille violentée. Malgré l’annonce de la mort du chef depuis le mois d’août, la tension ne faiblit pas. Au contraire, la révolte née au Kasaï central a gagné les provinces voisines du Kasaï oriental et du Kasaï. Une question d’actualité a été posée par un député d’opposition, originaire du même territoire que Kamuina Nsapu, l’honorable Martin Kabuya, sur l’origine, le bilan des violences et surtout sur ce que le gouvernement comptait faire pour mettre fin au conflit. C’est le tout nouveau vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur qui a répondu aux questions.

Après une minute de silence à la mémoire des victimes des Kasai, le vice-Premier ministre Ramazani Shadary brosse le portrait de Kamuina Nsapu, un chef qui n’a jamais été reconnu depuis le décès de son oncle en 2012. Kamuina Nsapu, donc, aurait reçu une formation agricole, il aurait travaillé avec des Chinois qui lui auraient appris la médecine traditionnelle. Ses proches le présentent comme un médecin éduqué.

Il aurait rejoint des bandes armées à Lubumbashi et en Zambie avant de rentrer réclamer son titre. Toujours selon le vice-Premier ministre, il aurait un temps pensé à créer un parti politique avant de se lancer dans une logique insurrectionnelle.

Des miliciens de huit ans

Emmanuel Ramazani Shadary dit citer une lettre datée du 30 juin 2015 qui parlerait d’un gouvernement d’occupation, celui de Joseph Kabila, de mercenaires. Le chef Kamuina Nsapu aurait déjà appelé à l’époque les jeunes à se soulever contre l’autorité de l’Etat après le 31 décembre 2015. Selon le vice-Premier ministre, la perquisition aurait été ordonnée en avril 2016 quand les forces de sécurité auraient reçu des informations comme quoi il stockait des armes (il n’y a pas de détails sur les résultats de cette perquisition).

Ses miliciens seraient des drogués armés d’armes traditionnelles qui auraient volé des armes de guerre dans des commissariats de police. Les plus jeunes auraient 8 ans. Mais cette insurrection prendrait selon les mots du vice-Premier ministre une « envolée politique » qui justifierait une solution politique. Emmanuel Ramazani Shadary promet que le corps du chef sera rendu à sa famille et que l’Etat reconnaîtra le successeur désigné par la famille régnante.

Le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur a également annoncé qu’une mission d’évaluation serait envoyée dans les prochains jours. Lui-même a parlé d’un bilan « préoccupant », sans préciser le nombre de morts. Il a également promis que la justice serait saisie.

→ A (re)lire : RDC: plus de 150 000 personnes affectées par les violences dans les Kasaï (OCHA)

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.