Médiation de la dernière chance pour la Cédéao en Gambie

Les envoyés de la Cédéao vont tenté de convaicre une nouvelle fois Yahya Jammeh de quitter le pouvoir.
© REUTERS/Carlos Garcia Rawlins/Files

Le président du Nigeria Muhammadu Buhari, la Libérienne Ellen Johnson Sirleaf, l'ex-chef de l'Etat ghanéen John Dramani Mahama, sont à Banjul ce vendredi 13 janvier pour convaincre une nouvelle fois le président Jammeh de quitter le pouvoir à la fin de son mandat prévue le 18 janvier au soir. Cette semaine, la justice n'a pas été en mesure de trancher sur les recours électoraux déposés le mois dernier, en décembre 2016. En réaction, Yahya Jammeh a nommé un médiateur chargé de résoudre les crises politiques et sociales internes, dénonçant à l'inverse « des ingérences étrangères sans précédent ». Un contexte qui laisse augurer un dialogue difficile.

Les émissaires de la Communauté économiques des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) privilégient le dialogue. Leur but est d'assurer une transition pacifique du pouvoir ce 19 janvier, date de l'investiture d'Adama Barrow.

Selon des sources proches du dossier, plusieurs propositions ont déjà été formulées à Yahya Jammeh, et notamment celle de partir s'installer à l'étranger, comme au Nigeria. Offre que Jammeh n'a, pour le moment, pas acceptée. Les discussions sur ce point devraient donc être relancées, indique un officiel sous couvert d'anonymat.

Seulement la délégation conduite par le président nigérian, Muhammadu Buhari se heurte à une nouvelle donne : elle devra discuter avec le médiateur fraîchement nommé par Yahya Jammeh. Et si le dialogue n'aboutit pas, la Cédéao envisage d'autres issues : parmi elles, l'option militaire reste officiellement une hypothèse.

« Nous dirons très clairement au président gambien, Yahya Jammeh, que le transfert du pouvoir doit se dérouler dans la paix, explique Geoffrey Onyema, le ministre nigérian des Affaires étrangères. Plusieurs options sont sur la table et elles seront toutes étudiées scrupuleusement. Mais pour le moment, rien n'a encore été décidé. Si des troupes - et je dis bien si des troupes - devaient être envoyées, cela se ferait dans le cadre des lois internationales. »

Cette médiation survient au moment où l'effritement se poursuit dans l'entourage de Yahya Jammeh. Cette semaine, deux ministres ont quitté le gouvernement : Sheriff Bojang, le ministre de l'Information et Alieu K. Jammeh, ministre des Sports.

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