Burkina: un an après l'attentat de Ouagadougou, où en est l'enquête?

Un officier de la police scientifique devant le Splendid Hôtel, à Ouagadougou, le 18 janvier 2016.
© REUTERS/Joe Penney

Le 15 janvier 2016 à 19h45 un commando de trois hommes mitraille la terrasse du restaurant le Capuccino, l'hôtel Yibi, le bar Taxi Brousse, avant d'investir le Splendid Hôtel sur l'avenue Kwame-Nkrumah dans le centre de Ouagadougou, des établissements fréquentés principalement par des Occidentaux. Cette attaque revendiquée par Aqmi et sa katiba al-Mourabitoune a fait 33 morts dont les trois assaillants. Un an après, la justice burkinabè poursuit le travail d'enquête. Trois personnes arrêtées en mai dernier ont été mises en examen pour notamment association de malfaiteurs et tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste. Une enquête qui avance lentement mais qui a déjà permis d'établir des connexions avec les attaques qui ont frappé Bamako et Grand-Bassam en Côte d'Ivoire.

Maïza Sérémé, la procureure du Faso, communique peu. Mais à la veille des commémorations marquant le premier anniversaire de l'attentat de Ouagadougou, elle a levé un coin du voile sur les avancées de l'enquête. Trois personnes, un Burkinabè et deux Maliens, interpellées en mai dernier ont été inculpées, soupçonnées d'avoir été en contact avec l'organisateur présumé de l'attaque. Elle a par ailleurs précisé que les assaillants, qui venaient de tuer 30 personnes au Capuccino et au Splendid Hôtel sont entrés en contact avec leur commanditaire à qui ils ont rendu compte de leur mission.

Par ailleurs, elle a précisé à l'Agence France-Presse que l'appel reçu par les assaillants provenait d'un numéro de téléphone syrien sans qu'il soit possible de savoir avec certitude si l'interlocuteur se trouvait ou non dans ce pays. Elle croit savoir que les commanditaires de l'attaque ne sont pas burkinabè mais elle ne peut pas encore révéler leurs noms.

Selon Maïza Sérémé, l'enquête a permis d'établir des liens entre les attaques du Radisson Blu de Bamako, de Grand-Bassam en Côte d'Ivoire et celle de Ouagadougou. La procureure souligne enfin que la coopération internationale, avec la France, les Etats-Unis, le Niger, le Canada et Interpol a déjà permis de recueillir des renseignements utiles au dossier. Ouagadougou attend désormais les résultats d'expertises afin d'identifier formellement les terroristes et la provenance des armes.


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15-01-2017 - Par Yaya Boudani

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