CPI: reprise du procès de l'Ougandais Dominic Ongwen, ancien chef de la LRA

L'ancien chef de la LRA, Dominic Ongwen, lors de l'audience du 6 décembre 2016 à La Haye.
© REUTERS/Peter Dejong/Pool

Le procès de Dominic Ongwen, l'un des commandants de la sanguinaire LRA, l'Armée de résistance du Seigneur, reprend ce lundi 16 janvier à La Haye. Membre du top 5 de la LRA, Dominic Ongwen doit répondre de 70 chefs d'inculpation devant la justice internationale dont des crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Assassinats, viols, torture, enlèvement d'enfants, pour n'en citer que quelques-uns. Ce procès, est particulièrement attendu par des milliers de victimes car c'est le premier à se pencher sur les crimes commis par la LRA depuis près de 30 ans. Après son ouverture en décembre doivent donc comparaître ce lundi les premiers témoins.

Avec notre envoyée spéciale à La Haye, Léa-Lisa Westerhoff

Premier à comparaître à la barre, un expert de l'Armée de résistance du Seigneur. Spécialiste du nord de l'Ouganda, de la communauté Acholi et de la LRA, ce témoin devrait donner des éclairages importants sur l'organisation de cette milice particulièrement brutale.

Pour l'accusation l'objectif est de démontrer que ce groupe armé a une organisation quasi-militaire, avec entre autres quatre bataillons placés sous les ordres de Joseph Kony. Démontrer aussi que Dominic Ongwen possédait un réel pouvoir alors qu'il était l'un des cinq commandants de la LRA, à la tête de son propre bataillon de 300 hommes et comment ses décisions et son efficacité lui ont permis de gravir les échelons de cette milice entre 2002 et 2005.

Lors de cette première session l'accusation va donc se concentrer sur des communications radio interceptées par l'armée ougandaise et dans lesquelles on entend, selon elle, Dominic Ongwen donner des ordres. L'enjeu bien sûr est de démontrer que Dominic Ongwen a lui-même ordonné et exécuté des meurtres, des pillages et des viols lors des quatre attaques de camps de déplacés dont il est accusé entre juillet 2002 et décembre 2005.

Montrer ainsi qu'il savait que ce qu'il faisait était criminel, contrairement à ce qu'affirme sa défense qui le présente en victime. Un expert, mais aussi un membre de l'armée ougandaise et un ex-enfant soldat de la LRA devraient donc se succéder à la barre jusqu'au 3 février pour donner un maximum de crédibilité à ces relevés d'écoute.

Mais le procès n'en est qu'à son tout début, sachant que 74 témoins vont être amenés à comparaître.


Un procès complexe : Ongwen, avant de devenir un chef de la LRA, a lui-même été kidnappé

Le procès est particulièrement attendu par des milliers de victimes mais complexe aussi, car Dominic Ongwen, avant de devenir un commandant de l'Armée de résistance du Seigneur, a lui-même été kidnappé sur le chemin de l'école.

A quel moment cesse-t-on d'être une simple victime ? Cette question risque de planer longtemps encore sur le procès de cet ex-commandant de la milice ougandaise. Pour l'accusation, les témoignages d'ex-combattants de la LRA, de victimes de cette milice particulièrement cruelle, mais aussi des communications radio interceptées par l'armée ougandaise, tout cela atteste que Dominic Ongwen a activement participé mais aussi donné l'ordre de tuer, torturer, piller et enlever de jeunes enfants lors des quatre attaques de camps de déplacés.

Mais il y a aussi cette autre réalité, mise en avant par la défense : celle d'un enfant enlevé à l'âge de 14 ans sur le chemin de l'école. Un enfant endoctriné pour tuer et qui n'a jamais rien connu d'autre que la brousse, la traque et la violence. C'est donc une tâche compliquée qui attend les juges dans un procès inédit, le premier à se pencher sur les crimes d'une violence inouïe commis par la LRA depuis près de 30 ans ; ce groupe armé dirigé d'une main de fer par Joseph Kony, qui lui court toujours.

→ A (re)lire : De Ongwen à Ongwen: la face cachée du leader de la LRA

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