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Burundi Somalie

Amisom: un retrait du Burundi est-il plausible?

Des soldats burundais de l'Amisom patrouillent en territoire somalien (octobre 2013).
© ABDI DAKAN / AU-UN IST PHOTO / AFP

Il y a plus d’une semaine, le président burundais a pris la décision de lancer le processus de retrait des militaires burundais engagés dans l’Amisom, la mission de l'Union africaine en Somalie. Mais l’information n'a fuité sur un site proche du pouvoir que lundi dernier. Et cela juste avant une visite du commissaire Paix et Sécurité de l'Union africaine à Bujumbura qui devrait débuter ce mercredi, selon des sources de l'UA. Les soldats burundais n'ont pas été payés depuis un an, en raison de sanctions de l'UE, qui refuse de continuer de payer ces soldats en passant par les caisses du gouvernement burundais.

Simple hasard du calendrier ou tentative de pression sur l'Union africaine ? Les spécialistes sont assez partagés, certains jugeant qu'il s'agit d'un coup de bluff, alors que d'autres estiment qu'il s'agit d'un message à prendre au sérieux.

Mais tous sont d'accord sur le fait que Bujumbura, qui a refusé jusqu'ici tout compromis sur cette question, a voulu signifier à l'avance au commissaire Paix et Sécurité de l'Union africaine qu'il n'est pas prêt à céder sur la question du paiement direct de ses soldats. Mais le Burundi ne renoncerait pas de gaîté de cœur à l'Amisom, devenu sa principale source de devises depuis les sanctions de l'Union européenne.

En réalité, la décision du président burundais de lancer le « processus » de retrait de ses troupes de Somalie n'a eu jusqu'ici aucune incidence sur le terrain. Les soldats burundais déployés au sein de l'Amisom sont à leurs postes, selon le porte-parole de l'armée burundaise. Et celle-ci continue de préparer tranquillement la relève, à partir de février, de pratiquement la moitié de son contingent engagé en Somalie.

Mais « elle est prête à se conformer aux décisions qui seront prises par la hiérarchie », prévient le colonel Gaspard Baratuza. Aujourd'hui, l'Union africaine se trouve prise entre le marteau burundais, qui en a fait une question de principe, et l'enclume de l'Union européenne, qui ne veut pas déroger à ses règles.

Smaïl Chergui devra faire preuve de beaucoup d'imagination pour trouver une solution qui puisse satisfaire aux exigences des uns et des autres.

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