Mali: un attentat-suicide fait au moins 47 morts dans un camp à Gao

Sur le site de l'attentat au véhicule piégé ce mercredi 18 janvier à Gao, dans un camp du Mécanisme Opérationnel de Coordination (MOC) géré par les Forces armées maliennes.
© AFP

Un kamikaze a tué au moins 47 ex-rebelles et membres de groupes armés pro-gouvernementaux à Gao en se faisant exploser ce mercredi 18 janvier dans leur site de regroupement dans cette ville du nord du Mali, selon une source militaire à l'ONU.  

L’explosion est survenue à 8h40 (TU) ce mercredi 18 janvier à Gao, la principale ville du nord du Mali. A moins de 500 mètres de l’aéroport, un kamikaze à bord d’un véhicule est entré dans le camp militaire et s'est fait exploser. Les témoins font état d’un « grand bruit ». L'information a été confirmée par une source administrative de la ville malienne, sans plus de détails dans l'immédiat.

Au moins 47 personnes ont péri dans cette explosion selon un bilan provisoire du gouvernement. Beaucoup de blessés ont afflué à l’hôpital de Gao gardé par des militaires. Un deuil national de trois jours a été décrété. Le ministre malien de la Défense devrait également se rendre sur les lieux du drame.

Alors que François Hollande était sur la base de Gao où se trouve un millier de soldats français la semaine dernière, le ministre de l’Intérieur Bruno Le Roux parle d’un « attentat majeur avec une valeur symbolique forte ». Le gouvernement malien parle aussi d'une attaque contre un symbole « celui de la réconciliation qui est en marche au Mali ». Mais son porte-parole, Mountaga Tall, prévient : « aucun chantage, aucun terrorisme n’amènera le gouvernement à reculer, se dédire, revenir sur sa signature. L’accord de paix sera appliqué jusqu’à son terme. »

Il y a eu une très grande détonation qui a fait trembler toutes les maisons et ça a créé une situation de panique dans la ville
Ecouter le témoignage de Salihou Maïga, président du Cadre de concertation des jeunes de Gao
18-01-2017 - Par David Baché

« Un kamikaze a attaqué un camp »

Le mode opératoire est connu puisque le pire avait été évité de peu fin novembre. Deux pick-up chargés d'explosifs s'apprêtaient à viser les aéronefs de Barkhane et de la Minusma, une attaque revendiquée par le groupe al-Mourabitoune dirigé alors par Mokhtar Belmokhtar.

Mais cette fois-ci, selon une source à la Minusma, « un kamikaze a attaqué un camp » de regroupement de la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA, ex-rébellion à dominante touareg) et de la Plateforme (groupe progouvernemental) à Gao ainsi que quelques soldats de l’Armée régulière qui étaient dans l’administration du camp. La CMA et la Plateforme « devaient commencer bientôt une patrouille mixte », a ajouté la même source.

Ces patrouilles mixtes doivent se tenir en application de l'accord de paix signé en mai-juin 2015 entre Bamako et ces différents groupes armés. Elles sont censées préfigurer la refonte d'une armée malienne unitaire. Leur mise en place est plus que jamais une priorité, estime Fahad Ag Almahmoud, du Gatia, membre de la Plateforme : « Je pense que la meilleure réponse à tout ceci est la mise en place de patrouilles mixtes et l’application très rapide de l’accord. »