L'ONU pointe une recrudescence des atteintes aux droits de l'homme en RDC

La police congolaise est notamment pointée du doigt par l'ONU pour avoir commis des violations des droits de l'homme en 2016. Ici, des arrestations en janvier 2015 à Kinshasa. (Photo d'illustration)
© AFP/Papy Mulongo

L'année 2016 a été mauvaise pour les droits de l'homme en République démocratique du Congo (RDC). Le Bureau conjoint de l'ONU sur les droits de l'homme (BCNUDH) vient de publier son rapport annuel. Il estime que ses chiffres ne sont pas complets, car il n'a pas assez de moyens et n'a pas accès à toutes les données qu'il souhaiterait, mais dresse un sombre constat pour l'année écoulée.

En 2016, les Nations unies ont répertorié 5190 violations des droits de l’homme sur l’étendue du territoire de la RDC. Soit près de 30% de plus qu'en 2015. Plus de 60% ont été commises par des agents étatiques et surtout par la police nationale qui – à elle seule – en aurait commis le tiers, selon le bureau conjoint de l'ONU sur les droits de l'homme.

C’est de loin la force dont le travail s’est le plus dégradé de ce point de vue depuis 2015, selon l’ONU. Parmi les chiffres inquiétants liés aux agents étatiques : 480 exécutions extrajudiciaires recensées en 2016.

A noter également, 1 102 violations des droits de l’homme à caractère politique. L’espace politique n’a cessé de se restreindre en 2016 avec notamment des atteintes au droit de manifester. Les principales victimes de ces violations si particulières restent les opposants politiques, les acteurs de la société civile et même les journalistes.

Les groupes armés restent responsables de 36% des violations. Ils ont causé la mort de 718 personnes, dont 260 exécutions sommaires dans le seul territoire de Beni. Cette année, ce sont les FPRI en Ituri qui se sont avérés les plus dangereux, en commettant à elles seules plus de 27% des violations des droits de l’homme attribuées aux groupes armés.

Le BCNUDH salue enfin la condamnation d’au moins 167 militaires et 59 agents de police pour des actes constituant des violations des droits de l’homme, ce qui témoigne de l’engagement des autorités dans la lutte contre l’impunité, estime l'ONU.

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