Madagascar: Erdogan réclame la fin des activités des proches de Fethullah Gülen

Recep Tayyip Erdogan et Hery Rajaonarimampianina le 25 janvier 2017.
© RIJASOLO / AFP

A Madagascar le président turc Recep Tayyip Erdogan a achevé sa visite d'Etat mercredi soir 25 janvier. Après une rencontre avec son homologue malgache le président Hery Rajaonarimampianina, il a clôturé le forum économique malgacho-turc organisé pour l'occasion. En effet, l'objectif de cette visite était de resserrer les liens politiques et économiques entre les deux pays. Et près de 150 chefs d'entreprises turcs faisaient partie de la délégation du président Erdogan. Dans son discours devant la presse il a souligné le potentiel économique à développer à Madagascar en particulier dans les secteurs du tourisme, des mines, de l'agriculture et des infrastructures, en assurant que le secteur privé turc était prêt à investir. D'un autre côté, sur le plan diplomatique, le président turc a aussi demandé l'arrêt des activités des proches du prédicateur Fethullah Gülen, notamment son réseau d'écoles en Afrique et à Madagascar. Fethullah Gülen est en effet accusé par Ankara d'être à l'origine du putsch manqué en juillet dernier.

Lors de sa visite, le président turc n'a pas manqué d'aborder un sujet qui lui est cher, sa lutte contre Fethullah Gülen. « Son organisation a mené une tentative de coup d'Etat en juillet dernier », accuse-t-il. Il a exhorté Madagascar à prendre des mesures sur son territoire contre le réseau d'écoles proche de Gülen. L'ambassadeur turc à Madagascar, Volkan Türk Vural a également réagi : « Ça n’est pas une poursuite, ça n’est pas une chasse (…) Les Malgaches doivent faire attention. Bien sûr, c’est un pays tout à fait souverain. Simplement, j’ai attiré l’attention, de l’existence des institutions qui sont pourchassées, mouvements terroristes, qui sont à notre avis des lieux d’endoctrinement. »

Recep Tayyip Erdogan a également proposé que sa fondation reprenne le contrôle de ces écoles à Madagascar. Mais le président Hery Rajaonarimampianina a préféré temporiser : « Je pense que vous allez trop vite dans les solutions. On peut voir ces sujets-là avec, vraiment, une bonne intelligence. Vous allez voir dans l’avenir comment, ensemble, on pourrait gérer tout cela. »

« Les accusations du pouvoir turc ne sont pas fondées, c'est de la diffamation ! », répond pour sa part le directeur d'un de ces instituts joint par téléphone. Selon lui le président turc accuse de terrorisme tous ceux qui s'opposent à lui.