RDC: RFI toujours coupée n’est pas «concernée» par les mesures de décrispation

Antennes de télévision. Vue sur Kinshasa depuis un toit de Brazzaville (photos d'illustration).
© Veronique DURRUTY/Gamma-Rapho via Getty Images

Cela fait presque trois mois que RFI est coupée à Kinshasa, sa fréquence de Brazzaville est également brouillée, empêchant des millions de Kinois de suivre nos programmes. Et la réouverture semble aujourd’hui loin d’être acquise. L’accord signé le 31 décembre prévoyait la réouverture de tous les médias fermés par mesures administratives dans les quinze jours après la signature de l’accord, mais pour le porte-parole du gouvernement, RFI ne fait pas partie de ces mesures de décrispation.

« RFI n’est pas concernée, ce sont les radios des Congolais qui sont concernées. RFI nous a écrit qu’elle va se soumettre au nouveau prescrit qui a été élaboré pour les radios détenues par des étrangers et nous attendons que RFI nous fasse signe. Elle a souscrit à cela et la balle est dans le camp de RFI », explique le porte-parole du gouvernement congolais.

Lambert Mendé avait pris un arrêté une semaine après la fermeture de RFI obligeant toutes les radios étrangères qui souhaitent émettre en continu sur le territoire à céder la majorité de leur capital à des entreprises congolaises. Il attend encore que RFI se conforme à cette mesure : « La décrispation c’est entre Congolais. RFI a été frappée par d’autres types de mesures et nous attendons. Ils m’ont écrit, votre hiérarchie m’a écrit pour dire que dans une période déterminée elle va se soumettre aux dispositions qui ont été prévues et le délai qui a été convenu est forclos. C’était quarante-cinq jours. Maintenant, nous sommes au-delà de ce délai. Nous attendons qu’ils se soumettent à ces nouvelles conditions et ce sera ouvert, croyez-moi ».

Mais pour monseigneur Fridolin Ambongo, vice-président de la Cenco, médiateur de ce dialogue, RFI fait bel et bien partie de l’accord : « Si on veut vraiment une décrispation dans ce pays, surtout dans cette ville de Kinshasa, on ne peut pas ne pas prendre en compte la question de RFI. Il faut dire tout simplement qu’on n’avait peut-être pas parlé en plénière. Mais nous, en tant que médiation, nous pensons que ça fait partie des mesures qui vont dans le sens d’apaisement. Ça nous étonne que la fermeture de RFI dure si longtemps ».

Le premier réflexe de tous les Congolais, y compris les hommes politiques, c'est de se brancher sur RFI pour avoir des informations, explique à RFI Tshivis Tshivuadi, secrétaire général de l'ONG «Journaliste en danger». RFI est la radio la plus écoutée des Congolais qui sont ainsi privés de leur droit à l'information.

Tshivis Tshivuadi: «La décrispation... concerne toutes les mesures liberticides et la liberté de l'information et la presse sont garanties par la Constitution
28-01-2017 - Par Carine Frenk

RFI n’est pas la seule radio à ne pas avoir été rouverte. Seuls deux médias sur une quinzaine se sont vus autorisés à émettre.