Tchad: les responsables de radios locales à Moundou convoqués par la police

Photo d'illustration. Soldats tchadiens devant le tribunal de Ndjamena en 2007.
© Thomas SAMSON/Gamma-Rapho via Getty Images

Au Tchad, la tension est vive à Moundou, principale ville du sud du pays dont le maire est arrivé en troisième position à l’élection présidentielle d’avril 2016. Il y a 10 jours, Laokein Médard a été entendu par la police qui lui reproche d’avoir fait coller ses affiches par-dessus celles du président. Cette semaine, les responsables des radios locales ont été convoqués par les services de sécurité, ils dénoncent des « tentatives d’intimidation ».

Il est midi lorsque les responsables de quatre radios sont convoqués au commissariat de Moundou. Les téléphones, enregistreurs et carnets leur sont confisqués. En face d’eux : les chefs de la police, de la gendarmerie, de la sécurité du territoire et des services secrets.

« Ils disent ne pas comprendre qu’on s’en prenne toujours au service de sécurité. Ils disent que nous sommes des délinquants, des voyous comme le maire de la ville », explique Sylver Beindé Bessandé, directeur de la radio Nada FM. Et d’ajouter : « Ils nous ont menacés de fermer nos radios, notre vie serait donc en danger. Ils ne comprennent pas qu’on permette aux citoyens de venir parler d’eux sur les antennes de nos stations de radio. »

« Troubler l’ordre public »

Au Tchad, il existe un Haut conseil de la communication (HCC) chargé de contrôler le travail des journalistes. « Quand c’est en flagrant délit, nous intervenons, ce n’est pas parce qu’il y a le HCC qu’ils doivent dire n’importe quoi », affirme le ministre de l’Intérieur Ahmat Mahamat Bâchir. « Ils véhiculent des informations qui tendent à troubler l’ordre public et semer le désordre dans la ville de Moundou. C’est une chose inadmissible », conclu le ministre.

Le maire de Moundou décrit une ville « en état de siège ». Il accuse les forces de sécurité de terroriser les journalistes, les opposants politiques et les simples citoyens. « Nous agissons de la même façon sur l’ensemble du territoire », rétorque le ministre.
 

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