Republier
Tanzanie

La Tanzanie tente de limiter l’entrée des réfugiés des pays voisins sur son territoire

Des réfugiés burundais marchent vers le camp de Nduta, dans la région de Kigoma, en octobre 2015.
© AFP Photo/Oxfam/Mary Mndeme

Le gouvernement annonce qu’il n’autorise plus le statut de réfugié pour les groupes de réfugiés venant des pays voisins. Raison invoquée : l’entrée en parallèle d’un nombre important d’armes à feu de manière illégale. Désormais, seuls les réfugiés pourront faire une demande de protection, à titre individuel. Le gouvernement tanzanien, par la voix de son ministre de l’Intérieur a également estimé que les réfugiés de la région des Grands Lacs viennent pour des raisons économiques et non pour des raisons de violences ethniques ou politiques.

Mercredi dernier, le ministre de l’Intérieur de Tanzanie, Mathias Chikawe, était à Kigoma, une ville et une région qui accueille le plus grand nombre de réfugiés ayant fui les violences de la RDC et du Burundi.

Une importante cérémonie avait été préparée afin de brûler sur un bûcher plus de 5000 armes à feu, saisies sur des groupes de réfugiés venant des pays frontaliers.
Dans son discours, le ministre de l’Intérieur a fait le parallèle entre l’afflux de réfugiés, le trafic d’armes, et la montée de la criminalité.

Du coup, Mwigulu Nchemba a annoncé qu’il suspendait l’attribution du statut de réfugiés aux groupes déclarés. Seules les demandes à titre individuel seraient étudiées.

Le plus grand pays d'accueil

Dans la foulée de son intervention, Mathias Chikawe a lâché une petite phrase presque passée inaperçue, reprise dans le grand quotidien tanzanien Daily News :
Selon lui, le gouvernement tanzanien considère qu’il n’y a pas d’insécurité dans les pays voisins. Et si des gens abandonnent leur pays, c’est pour des raisons économiques.

Les autorités tanzaniennes nieraient-elles l’instabilité de la région des Grands Lacs ? Ou bien est-ce une volonté diplomatique de ne pas heurter les dirigeants des pays voisins que sont le Burundi et la RDC ?

Avec ses 300 000 réfugiés répartis dans quatre camps, la Tanzanie reste le plus grand pays d’accueil des victimes de l’instabilité de la région, et ce, depuis plus de trente ans.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.