Le Maroc fait son retour au sein de l'Union africaine

Le roi Mohammed VI lors de son discours célébrant le 16e anniversaire de son accession au trône, le 30 juillet 2015.
© AFP PHOTO / HO/ MOROCCAN ROYAL PALACE

A l'occasion du 28e sommet de l'Union africaine à Addis-Abeba en Ethiopie, le Maroc fait son retour au sein de l'organisation panafricaine. Rabbat avait quitté l'UA en 1984 pour marquer son désaccord sur le dossier du Sahara occidental.

C’est un jour historique. Trente-trois ans après son départ, le Maroc revient dans la grande maison africaine. Le débat à huis clos entre les chefs d’Etat a très vite tourné en faveur du royaume. C’est une victoire personnelle pour le roi Mohammed VI, qui est arrivé à Addis-Abeba dès vendredi 27 janvier et a mobilisé tous les amis du Maroc en faveur du retour de son pays au sein de l'organisation panafricaine.

Pendant ce huis clos, le Sud-Africain Jacob Zuma et le Zimbabwéen Robert Mugabe ont pris la parole pour exprimer de sérieuses réserves. Robert Mugabe a même été jusqu’à proposer que le Maroc soit admis le jour où les soldats marocains quitteraient le territoire du Sahara.

Mais après cette intervention très militante, de nombreux chefs d’Etat se sont ensuite exprimés en faveur du Maroc. Ce fut le cas du Sénégalais Macky Sall, mais aussi du Gabonais Ali Bongo, de l’Equato-Guinéen Teodoro Obiang Nguema ou encore du Congolais Denis Sassou Nguesso. Avec un argument imparable : si le Maroc ne pose plus comme préalable l’exclusion de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), il n’y a plus de raisons de s’opposer à son retour. Même l’Algérie se félicite du retour du Maroc dans l’Union africaine.

Réactions unanimes

Mohamed Salek Ould Salek, ministre des Affaires étrangères de la République arabe sahraouie démocratique : « Le Maroc a accepté sans condition les principes et les objectifs contenus dans l'acte constitutif, et c'est pour cela que nous avons accepté que le Maroc réintègre l'Union africaine. Il est important que les deux pays s'asseoient, comme le disait le président du Gabon : "nous avons la République sarahouie, nous avons le Maroc, nous allons aider les deux." »

Abdelkader Messahel, ministre algérien des Affaires maghrébines et africaines : « L'Algérie ne vit pas d'inconvénient à la nouvelle admission (du Maroc) à condition que l'acte constitutif soit respecté. Ce qui est important, c'est qu'aujourd'hui, le Maroc et la République sarahouie siègent dans la même organisation. C'est un pas positif important qui est peut-être un nouveau départ, pour que les deux parties trouvent dans le cas du respect de la Constitution et des principes fondateurs de l'Union africaine et qu'une solution soit trouvée à ce différend entre deux Etats membres, et qui ont les mêmes droits et les mêmes devoirs. La rentrée du Maroc va consolider davantage l'Afrique. »

Jean-Claude Gakosso, ministre des Affaires étrangères du Congo-Brazzaville : « Je crois que cette décision relève de la maturité. Parce que le retour du Maroc est un événement très attendu. Voilà une grande nation qui compte parmi les fondateurs de notre Union, qui s'est retrouvée pendant de trop longues années en-dehors de l'Union africaine, alors qu'elle est présente sur le terrain, dans la plupart des pays, par ses investissements, par des interventions diverses. Il était temps que le Maroc revienne dans sa famille naturelle. Les chefs d'Etat lui ont fait comprendre que même s'il y a des problèmes, il vaut mieux les résoudre en famille. Le président Sassou a fait une brillante intervention, en rappelant l'histoire, le rôle que le Maroc a joué aux premières heures de ce qui est devenue l'Union africaine. L'opinion la plus partagée ici à Addis Abeba, c'était d'accueillir le Maroc à bras ouverts. C'est un événement qu'il faut saluer. »