Migrations: vers la création d’un fonds italien de 200 millions pour l'Afrique

Des migrants débarquent d'un navire militaire italien, dans le port de Naples, utilisé notamment pour désengorger les ports siciliens surchargés. Ici, le 6 mai 2015. (Photo d'illustration)
© AFP PHOTO / MARIO LAPORTA

L’Italie doit annoncer ce mercredi 1er février la création d’un fonds pour l'Afrique de 200 millions d’euros. Sont concernés les pays que Rome considère comme prioritaires dans la lutte contre l’immigration clandestine. Plus de la moitié des fonds environ devraient être alloués à la Tunisie et au Niger.

La priorité pour l’Italie, qui a vu débarquer plus de 4 000 migrants sur ses côtes en janvier, c'est l’immigration. Rome espère que ce nouveau fonds de « dialogue et de coopération » avec l’Afrique pourra contribuer à la résorber.

L’argent servira-t-il à s'attaquer aux causes de l’émigration ou à la contrecarrer ? La réponse est loin d'être claire. Les autorités assurent qu’il s’agira de coopération et d’aide humanitaire, quoique Rome parle aussi de financer les rapatriements volontaires depuis les pays de transit, comme le Niger, jusqu’aux pays d'origine.

C’est justement ce que redoutent des ONG italiennes qui craignent que cet argent ne serve, en priorité, à financer le contrôle des frontières et le renforcement des corps policiers, en Afrique et peut-être même en Italie.

La moitié des fonds sont destinés à deux pays par lesquels transitent des migrants africains : la Tunisie et le Niger. L’autre moitié devrait être répartie entre une dizaine de pays, y compris celui d’où sont originaires la plupart des demandeurs d’asile africains, l’Erythrée.

Les ONG italiennes ne veulent pas en entendre parler. Dans un communiqué, elles demandent que l’Italie ne finance pas directement des « régimes africains qui mettent en œuvre des politiques agressives et antidémocratiques ».

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