Bénin: les manifestations religieuses interdites dans les rues

Le gouvernement béninois a interdit les manifestations religieuses, de toutes les confessions, dans les rues, ici la ville d'Abomey, à 140 kilomètres de Cotonou.
© Wikimedia

Au Bénin, le gouvernement a interdit les manifestations religieuses, de toutes les confessions, dans les rues. La décision entre dans le cadre de la libération des espaces publics, lancée en janvier, qui consiste à faire partir tous ceux qui occupent les trottoirs et les terres pleins centraux. Au départ, c'est la prière musulmane du vendredi qui a été visée, à Cotonou elle a lieu sur certaines voies devant les mosquées et certaines places. La communauté musulmane s'oppose à cette mesure. Elle a rencontré les ministres de l'Intérieur et de la Justice mardi 31 janvier.

Pour cette première rencontre, les responsables musulmans ont été reçus au ministère de l'Intérieur et des Cultes par le ministre Sacca Lafia accompagné de celui de la Justice. Les deux hommes se sont appliqués à expliquer la mesure.

« L’ambition, c’est au plan sécuritaire, explique le garde des Sceaux Joseph Djogbenou, d’éviter des situations dangereuses. Au plan du cadre de vie, améliorer ce cadre. Ce n’est pas une mesure orientée à l’égard d’une confession religieuse. Nous sommes un pays de paix, un pays d’expression flamboyante de la foi. Le gouvernement ne peut pas empêcher cela. Mais en même temps, le gouvernement, c’est ordre, c'est sécurité. »

De leur côté, les chefs religieux musulmans ont été clairs. « Nous ne sommes pas du tout contre ces opérations d’assainissement, confie Ousmane Ibrahim, imam et premier vice-président de l'Union islamique du Bénin. Mais on nous dit que l’intérieur de la mosquée sera rempli et de ne pas nous permettre cinq à dix minutes pour mettre le tapis sur les trottoirs ou la voie publique et prié, c’est cela notre contrainte. Nous vous demandons de trouver une solution pour le cas du vendredi. »

La séance s'est terminée avec une prière. Le président Patrice Talon recevra les responsables musulmans samedi matin 3 février. Le ministre de l'Intérieur doit rencontrer les représentants des autres religions.

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