RDC: les partisans d'Etienne Tshisekedi pleurent leur leader

Etienne Tshisekedi à Kinshasa le 26 novembre 2011.
© REUTERS/Finbarr O'Reilly

L'infatigable opposant congolais s'est éteint mercredi 1er février à Bruxelles, à la clinique Sainte-Elisabeth, à l'âge de 84 ans, des suites d'une embolie pulmonaire. Dès l'annonce de son décès, des Congolais ont commencé à se rassembler devant l'hôpital et dans les rues de Kinshasa.

C'est par la voix de son fils Felix que l'on a appris mercredi 1er février en fin de journée la disparition de celui que ses partisans surnommaient « le sphinx de Limete ». L'opposant de plus de trente ans avait quitté Kinshasa dans un avion médicalisé mardi dernier à l'aube.

Son parti, l'UDPS, avait alors démenti les rumeurs d'un état de santé dégradé. Mais depuis des mois, on savait Etienne Thsisekedi fatigué, malade. Ces dernières années, il a quitté à plusieurs reprises son pays pour de longues périodes d'hospitalisation, mais comme à chaque fois il est revenu, en 2011 pour la présidentielle, comme en 2016, incarner son rôle de leader de l'opposition.

La dernière fois, en juillet dernier, après près de deux ans de convalescence à Bruxelles, il est revenu triomphalement à Kinshasa, créant l'un des plus grands rassemblements politiques des cinq dernières années à Kinshasa.

Dès l'annonce de sa mort ce mercredi soir, la rue kinoise a d'ailleurs réagi. Des dizaines de partisans se sont rendus à sa résidence à Limete qui était aussi le siège du parti, pour pleurer, avant d'être dispersés à coups de gaz lacrymogène. C'est sans conteste une page de l'histoire politique du pays qui se tourne aujourd'hui.


Reportage devant la clinique Sainte-Elisabeth à Bruxelles

Avec notre bureau à Bruxelles

Seuls ou par petits groupes, les Congolais de Belgique ont commencé en début de soirée à affluer vers le quartier huppé d’Uccle dans le sud de Bruxelles. Ils n’étaient au début qu’une vingtaine devant la clinique Sainte-Elisabeth, mais beaucoup appelaient pour annoncer leur arrivée. Ceux qui étaient déjà présents étaient aussi pendus au téléphone pour prendre des nouvelles de leurs proches et de leurs amis au pays, avec évidemment une inquiétude particulière quant aux évènements de Kinshasa.

Pour eux, la présence devant l’endroit où est mort Etienne Tshisekedi est une évidence, ils n’auraient pas imaginé ne pas venir rendre hommage à cette figure tutélaire du Congo pour cette veillée funèbre improvisée sur le parvis de la clinique.

Certains se disent membres ou sympathisants de l’UDPS d’Etienne Tshisekedi, mais pour tous, c’est une figure et une voix indispensables à l’avenir du Congo qui s’est éteinte ce mardi à Bruxelles. Ils ont tous toujours connu Etienne Tshisekedi comme figure emblématique de la vie politique congolaise, principalement comme opposant et au-delà du deuil ce sont aussi les questions sur l’avenir de la République démocratique du Congo qui commencent à se multiplier.

Il y a les pessimistes qui ne voient pas qui pourra le remplacer et quel sera l’avenir de la Commission de suivi des accords de la Saint-Sylvestre, et ceux qui se disent que le flambeau de son engagement politique de toute une vie sera repris en cette année cruciale pour l’évolution politique du Congo.

C'est le père de la démocratie dans notre pays (...) Une très triste nouvelle (...) Quelqu'un qui a sacrifié toute sa vie pour l'instauration de la démocratie au Congo
Réactions à Kananga dans la province du Kasaï
01-02-2017 - Par Sonia Rolley