Mort de Tshisekedi en RDC: quel impact sur le dialogue politique?

Les évêques de la Cenco à Kinshasa, le 21 décembre 2016.
© REUTERS/Thomas Mukoya

Avant sa disparition ce 2 février 2017, Etienne Tshisekedi a participé au processus de transition sous l'égide des évêques après le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila. Les discussions sont d’ailleurs toujours en cours et sont assez laborieuses. La mort de l’opposant va-t-elle avoir un impact sur ce dialogue politique ?

La disparition d'Etienne Tshisekedi, c'est sans conteste une figure clef du dialogue qui disparaît. Un personnage qui du fait de cette stature d'opposant historique arrivait à la fois à faire contrepoids au pouvoir, mais aussi à imposer son point de vue, à faire consensus dans les rangs de l'opposition divisée.

Preuve de cette stature, en décembre, c’est la participation de l'UDPS qui permet à l'Eglise catholique de relancer le dialogue avec le pouvoir. C'est le président de l'UDPS, Etienne Tshisekedi qui obtient un poste taillé sur mesure : celui de président du Conseil national de suivi de l'accord. Enfin, c'est à lui, encore, en interne qu'on demandait de choisir le nom du futur Premier ministre issu de cet accord.

Dès mercredi, le secrétaire général adjoint de la Cenco, l'abbé Donatien Nshole, ne cachait pas une certaine inquiétude, appelant la classe politique congolaise à considérer l'accord du 31 décembre comme le testament politique du Tshi. Un testament dont chacun dans le pouvoir comme dans l'oppsition se devrait selon lui d'être désormais le garant. Le Tshi que l'on disait intransigeant c'est vrai, mais dont l'immense popularité faisait une figure incontournable de ce dialogue. En décembre, c'est seulement lorsque son parti l'UDPS accepte de participer que l'église peut relancer le processus alors au point mort. Et ce n'est pas pour rien si c'est lui qui avait été choisi pour diriger le Conseil national de suivi de l'accord du 31 décembre dernier.

Mort à un moment crucial

Qui va le remplacer à la tête de ce comité de suivi ? Pour le chercheur Chris Berwouts, nul doute que son décès va redessiner les rapports de force au sein de l'opposition et entre majorité et pouvoir. Dans quel sens ? Difficile à dire à ce stade ? Beaucoup dépendra sans doute de la capacité de son propre parti, l'UDPS à surmonter ses divisions, le plus ancien parti d'opposition et le seul à avoir une véritable assise nationale et des relais dans presque tout le pays.

Un triumvirat de vice-président existe déjà, mais parviendront-ils à se mettre d'accord ? Enfin, comment obtenir un consensus sur la nomination du Premier ministre ? Toutes ces questions restent posées et ne vont pas accélérer les négociations qui sont déjà laborieuses. L'Eglise catholique, médiatrice de ces discussions, l'admet elle aussi : Etienne Tshisekedi est mort à un moment crucial de l'histoire de son pays.

La finalisation et l'application de ce compromis politique pour qu'il permette d'organiser une présidentielle à la fin de l'année, c'est donc l'un des enjeux de l'après-Tshisekedi.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.