Tunisie: vers une commission d’enquête sur les filières jihadistes au Parlement

Capture d'écran vidéo, réalisée par l'agence américaine de surveillance Site à partir d'un média jihadiste, trois combattants supposés appartenir au groupe Etat islamique courent vers une centrale électrique dans la ville de Syrte, le 9 juin 2015
© AFP PHOTO / HO / SITE INTELLIGENCE GROUP

En Tunisie, l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) a voté mardi 31 janvier la création d’une commission d’enquête parlementaire sur l'envoi des jeunes dans les zones de conflits comme la Syrie, l'Irak ou la Libye. Plusieurs partis politiques avaient accusé le mouvement Ennahda d'être derrière l'envoi des jeunes tunisiens pour le jihad, mais Ennahda annonce qu'il ne craint pas le résultat d'une enquête.

La nouvelle commission d'enquête parlementaire en Tunisie nait avec un handicap majeur. Sur le plan pratique, elle ne peut pas mener des investigations et, de ce fait, ne peut donc pas aboutir à des résultats, assure un député tunisien de l'opposition. Mais Monji Rawi dit espérer que cette commission puisse jouer un rôle politique et préparer le terrain à une loi qui lui permettrait réellement d'enquêter.

Enquêter sur les responsabilités de l'envoi des jeunes tunisiens au jihad est un défi de taille et les implications politiques et judiciaires touchent, selon ce député, « un réseau assez large d'associations et de partis politiques » en Tunisie.

Rim Mahjoub, présidente du bloc Afek Tounes, parti libéral représenté au gouvernement, regrette que les soupçons qui pèsent sur certaines personnalités politiques ne proviennent que d'informations trop parcellaires. « Au-delà de ces soupçons, nous voudrions établir l'implication précise de ces personnalités dans le parcours de ces jeunes pour que chacun prenne sa responsabilité, il nous faut du concret », souligne-t-elle.

De son côté, la députée indépendante Lobna Jeribi estime qu'il était « plus que fondamental » de créer cette commission. Mais elle aussi estime que cet organe doit bénéficier de prérogatives élargies et s'appuyer sur une véritable volonté politique pour pouvoir fonctionner.

De fait, plusieurs autres commissions parlementaires, créées depuis 2011, n'étaient pas efficaces faute de prérogatives et d'une loi qui donne à ces commissions le pouvoir d'agir. L'exemple le plus brillant étant la commission d'enquête sur l'assassinat de Chokri Belaïd.

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